
Un meuble se juge à la lumière qui glisse sur sa surface, et cette lumière, c’est la finition qui la fabrique. Étape ultime du travail du bois, elle révèle le matériau, le protège et fixe son toucher : un assemblage irréprochable se gâche sous une finition bâclée, quand une belle anoblit jusqu’aux bois les plus communs. Avant l’industrie, ébénistes et menuisiers détenaient pour cela tout un répertoire affiné siècle après siècle — encaustiques à la cire d’abeille, à la gomme-laque, huiles siccatives, patines aux pigments naturels — souvent gardé comme le secret le mieux tenu de l’atelier. Cette leçon de synthèse en parcourt les principales techniques, non pour les muséifier, mais parce que chacune répond, aujourd’hui encore, à un besoin précis qu’aucun produit industriel ne couvre exactement.
Pourquoi revenir aux techniques traditionnelles ? Respect du bois (les finitions traditionnelles nourrissent le bois sans l’étouffer sous un film plastique imperméable) ; réversibilité (contrairement aux vernis modernes, elles peuvent être facilement réparées ou modifiées sans décapage) ; esthétique (profondeur et chaleur que les produits synthétiques ne peuvent égaler) ; écologie (matières premières renouvelables, biodégradables). L’origine naturelle d’un produit ne renseigne pas sur sa classification. L’essence de térébenthine est un distillat de résine de pin : l’Annexe VI du règlement (CE) n° 1272/2008 lui attache neuf mentions de danger, dont H304, sous la mention d’avertissement DANGER. Le d-limonène, tiré d’écorces d’agrumes, y porte les classes Flam. Liq. 3, Skin Irrit. 2, Skin Sens. 1B, Asp. Tox. 1, Aquatic Acute 1 et Aquatic Chronic 3, les mentions H226, H315, H317, H304, H400 et H412, dont un danger aigu et un danger chronique pour le milieu aquatique, et à l’étiquette H226, H315, H317, H304 et H410, avec le facteur M = 1 de sa colonne des limites. Les composés organiques volatils qu’un produit émet et les protections à porter pour l’employer se lisent sur son étiquette et sur sa fiche de données de sécurité.
La cire à chaud, une technique ancestrale
La cire à chaud — encausto en italien, du grec , « brûlé » — compte parmi les plus anciennes finitions documentées. Pline l’Ancien (Histoire naturelle, livre XXXV, vers 77 ap. J.-C.) décrit la peinture à l’encaustique appliquée à chaud, dont il note qu’elle tient sur les navires malgré le soleil, le sel et le vent. Vitruve (De Architectura, livre VII, chapitre 9, 30-20 av. J.-C.) décrit sous le nom de un autre usage de la : l’enduit mural peint au minium, une fois sec, reçoit au pinceau une cire punique fondue additionnée d’un peu d’huile, qu’on fait pénétrer en approchant un brasier puis qu’on lustre au linge, pour empêcher la couleur de noircir. Les portraits funéraires du Fayoum, peints à l’encaustique dans l’Égypte romaine du Iᵉʳ au IIIᵉ siècle, en sont le témoignage matériel le plus abondant : les collections publiques en recensent aujourd’hui environ 900 portraits. La technique se perpétua à Byzance jusqu’au VIIIᵉ siècle, avant d’être redécouverte au XVIIIᵉ par le comte de Caylus (1755).
Protocole moderne : cire d’abeille (62-65 °C de fusion) fondue au bain-marie + cire de carnauba (82-86 °C) à 10-30 % pour la dureté, étendue chaude au pinceau plat ou fer chauffé sur le bois préchauffé doucement, lustrée immédiatement à la brosse en soie de porc puis chiffon de laine. Aspect satiné profond, finition de prestige pour mobilier d’apparat. Réversibilité totale par chauffe ultérieure.
Le vernis au tampon à la gomme-laque (French polish)
Généralisée vers 1820-1830, la technique atteint son apogée dans l’ébénisterie française de la Restauration et de Louis-Philippe. La gomme-laque () est une résine naturelle sécrétée par l’insecte Kerria lacca des forêts d’Inde et de Thaïlande, récoltée sur les branches, raffinée par filtrage à chaud, vendue en paillettes blondes à brunes. Sa solubilité est singulière : elle se dissout dans l’alcool éthylique dénaturé mais résiste à l’eau et aux solvants pétroliers. C’est cette même solubilité qui la rend réversible — un nouveau passage d’alcool redissout le film —, propriété précieuse pour la restauration et qui explique sa longévité dans le métier.
Préparation : dissoudre 100-150 g de gomme-laque en paillettes dans 500 mL d’alcool éthylique à 95 % minimum (en pratique alcool dénaturé), agiter 24-48 h, filtrer au tissu fin. Application : tampon de laine ou ouate enveloppé dans un linge de coton fin, imprégné de la solution, légèrement huilé d’huile de paraffine pour glisser, appliqué en mouvements circulaires puis en huit, sur plusieurs dizaines à plusieurs centaines de passes. Le brillant monte progressivement par accumulation de microcouches. Résultat : une surface parfaitement plane, d’un brillant profond, inimitable. Inconvénient : fragilité à l’alcool (un verre d’alcool renversé suffit à dissoudre le film). Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
Les huiles siccatives : protection en profondeur
Contrairement aux cires (qui restent en surface) et aux vernis (qui forment un film), les huiles siccatives pénètrent dans la masse du bois et y polymérisent : le bois garde son toucher, son veinage et sa respiration. Trois dominent. L’huile de lin (Linum usitatissimum, 170-204), attestée dès l’Égypte antique et devenue l’huile de référence en Europe. L’huile de tung (Vernicia fordii, indice d’iode 160-175), riche en acide α-éléostéarique (77-82 %), triplement insaturé et conjugué : le film est sec au toucher plus vite qu’avec l’huile de lin crue, mais le durcissement complet à cœur demande plus de temps. Elle offre la meilleure résistance à l’eau et est utilisée en Chine depuis 2 500 ans. L’huile de noix (Juglans regia, indice 140-160), semi-siccative, prisée pour les instruments de musique et le contact alimentaire — sous réserve de sa nature d’allergène de fruits à coque (voir plus bas).
Application : bois parfaitement sec (< 12 % humidité), poncé fin P180-P220, dépoussiéré. Première couche diluée à l’essence de térébenthine (10-20 %) pour pénétration maximale ; couches suivantes à l’huile pure ; toujours essuyer l’excédent après 15-30 min de pénétration ; respect d’un délai 24-72 h entre couches selon l’huile et la température. 2 à 5 couches selon la saturation des pores. Durcissement complet à cœur : 7 jours minimum pour mise en service, 30 jours pour résistance maximale (notamment surfaces alimentaires). Ce délai ne suffit d’ailleurs pas à lui seul : l’aptitude au contact des denrées se prouve par la déclaration de conformité du fabricant (Règlement (CE) n° 1935/2004), point traité en détail par la leçon Choisir un cirage pour planches à découper.
Les encaustiques : cire et solvant
L’encaustique associe la cire d’abeille (et/ou de carnauba) à un solvant — historiquement l’essence de térébenthine, aujourd’hui aussi les terpènes d’agrumes — pour une application à froid, sous forme pâteuse. Recette classique : 250 g de cire d’abeille en paillettes, 50 g de carnauba en option (pour la dureté), 1 L d’essence de térébenthine pure gemme. On fond les cires au bain-marie, jamais sur flamme directe : au-delà de son point d’éclair, environ 35 °C en coupelle fermée d’après la fiche toxicologique FT 132 de l’INRS, la térébenthine émet assez de vapeurs pour former avec l’air un mélange qu’une flamme ou une étincelle allume. On retire le récipient du bain-marie et on l’éloigne de toute source de chaleur, plaque éteinte, puis on y verse la térébenthine à température ambiante, jamais chauffée, en remuant, loin de toute flamme ou étincelle, la cire fondue dépassant ce point d’éclair ; on coule enfin dans un pot large à refroidir. Application au chiffon de coton non pelucheux, en mouvements circulaires, 30 minutes de séchage, lustrage à la brosse en soie de porc puis au chiffon de laine ; deux à trois couches à 24 heures d’intervalle. Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
Les patines : le vieillissement maîtrisé
La est ce que le temps dépose sur un bois : surface adoucie par l’usure, couleur enrichie par les UV, arêtes estompées, marques discrètes aux points de contact. La patine artificielle reproduit ce vieillissement de façon contrôlée, pour vieillir un meuble neuf ou harmoniser une restauration. Les voies sont multiples : badigeon coloré au brou de noix ou aux pigments naturels (terres d’ombre, terres de Sienne) liés dans une émulsion (eau et colle de poisson, eau et bière, ou eau et huile de lin) ; ponçage des arêtes pour y exposer le bois nu ; cire pigmentée (cire d’abeille additionnée de pigment) frottée puis lustrée. Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
Les huiles minérales et alimentaires
L’huile minérale alimentaire (paraffine liquide, huile de vaseline) est une fraction raffinée du pétrole : chimiquement inerte, sans odeur ni goût, vendue sous la mention pharmacopée USP/NF ou « food grade » ; l’aptitude au contact d’une finition, elle, se lit sur l’étiquette du produit fini et dans la déclaration de conformité de son fabricant (Règlement (CE) n° 1935/2004). Elle ne polymérise pas — sa protection est donc temporaire, à renouveler (chaque semaine sur une planche en usage intensif) — mais c’est ce qui la rend commode sur planches à découper, ustensiles et bols : aucun allergène, aucun rancissement. L’huile de noix (Juglans regia, 140-160) en est l’équivalent naturel, mais avec une réserve d’allergène majeure. L’allergène loge dans les protéines de la noix, que le raffinage élimine en quasi-totalité ; l’huile vierge, pressée à froid — précisément celle qu’on trouve au rayon alimentaire — les conserve, d’où un risque clinique plus élevé. Ce raffinage n’efface pas pour autant l’obligation d’information : l’Annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011 n’exempte pas les huiles de fruits à coque, l’exemption ne visant que l’huile de soja entièrement raffinée. Les deux qualités se signalent donc sur une surface partagée ou en contact alimentaire, et la vierge est à éviter auprès des personnes allergiques.
Choisir sa technique selon le projet
Aucune finition n’est universelle ; chacune a son terrain. Un mobilier d’apparat patrimonial du XVIIIᵉ (Boulle, Riesener) appelle l’encaustique à la cire, sa finition d’origine ; le à la gomme-laque ne s’est généralisé qu’au XIXᵉ siècle. Le mobilier provincial du XVIIIᵉ-XIXᵉ (chêne, noyer, merisier) s’accommode d’une encaustique cire d’abeille et térébenthine. Sur un meuble moderne en bois précieux (placages, marqueteries), on sature à l’huile dure ou au tung avant de cirer. Un parquet huilé veut trois couches d’huile dure et un entretien huile-savon mensuel. Une table de cuisine massive (chêne, hêtre) se contente d’une huile dure ou huile-cire ; un plan de travail très sollicité réclame l’huile de tung pure, plus résistante à l’eau — jamais au contact des aliments : pas de statut alimentaire en Europe, toxicité en ingestion documentée. Une planche à découper se traite à l’huile minérale de qualité alimentaire ou à la cire d’abeille pure. Et le mobilier de jardin relève du saturateur (huile pénétrante et résines, voir la leçon Soins extérieurs).
Un art toujours vivant
Ces techniques ne sont pas une survivance folklorique. Elles offrent à qui les maîtrise un éventail de rendus, de durabilité et de réversibilité qu’aucun produit industriel n’égale. Leur apprentissage est long — l’art du tampon à la gomme-laque s’acquiert sur plusieurs années de pratique —, mais l’effort est largement payant. À l’heure où l’écologie remet les matériaux naturels et renouvelables au premier plan, ces savoir-faire retrouvent une pertinence concrète. En France, l’Institut pour les Savoir-Faire Français (INMA) et le FCBA demeurent les institutions de référence pour leur transmission, aux côtés du label Artisans Ébénistes de France (AEF), créé en 1993 pour distinguer les ateliers qui fabriquent ce qu’ils vendent.
Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes
- Vapeurs d’un solvant bouillant au-dessus de 65 °C : demi-masque EN 140 à filtre de type A (EN 14387), aspiration des vapeurs à la source et ventilation du local (ED 6106) ; térébenthine, 150 à 180 °C (FT 132), white-spirit, 130 à 230 °C (CarAtex), filtre A (FT 324), d-limonène, 178 °C (FT 227) ; notre règle : classe 2, et dehors.
- Alcool à brûler français, dénaturé au méthanol (FT 48 ; 64,5 °C, FT 5) : dans tous les cas, aspiration des vapeurs à la source et ventilation du local ; si un appareil filtrant est porté, filtre AX (FT 5), celui des solvants à bas point d’ébullition ; l’éthanol seul (78 °C, FT 48) relève du type A, notre règle en classe 2.
- Gants pour l’alcool à brûler : butyle (FT 48, FT 5) ; à éviter, caoutchouc naturel, PVC et nitrile (FT 5), alcool polyvinylique (FT 48) ; le nitrile ne vaut qu’en contact intermittent pour l’éthanol seul (FT 48).
- Un masque jetable FFP (EN 149), FFP2 comme FFP3, n’offre aucune protection contre les vapeurs de solvant.
- Poussière de bois, cancérogène du groupe 1 du CIRC (1995 ; 100C, 2012), VLEP contraignante 1 mg/m³ (R. 4412-149) : FFP3 (EN 149, au moins 99 %) ou P3 (EN 143, 99,95 %) ; notre règle : FFP2 et P2 ne suffisent pas.
- Dépoussiérage après ponçage : aspirateur de classe M (EN 60335-2-69), filtre H13 ou H14 (EN 1822), au MPPS ; jamais de soufflette, ni balayage à sec, ni aspirateur ménager, notre règle.
- Gants pour la térébenthine : nitrile, fluoré ou multicouche, jamais caoutchouc naturel, butyle, néoprène ni PVC (FT 132).
- Gants pour le d-limonène : multicouche, fluoré ou PVC, jamais nitrile (FT 227).
- Ni flamme, ni surface ou jet d’air à 180 °C près d’un solvant : le white-spirit s’enflamme seul dès 180 °C (CarAtex), la térébenthine dès 220 à 255 °C (FT 132).
- Térébenthine ou d-limonène avalé (H304) : on appelle aussitôt le 15, fait transférer la personne à l’hôpital en ambulance médicalisée, et même si la personne est consciente, ne fait jamais boire ni vomir.
- Si la personne qui a ingéré ce solvant est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on la garde au repos.
- Au besoin, après ce solvant ingéré : on retire ses vêtements souillés, les mains gantées, et lave sa peau et ses yeux aussitôt et abondamment à grande eau au moins 15 minutes.
- Alcool à brûler avalé : on appelle aussitôt le 15 ou le centre antipoison et fait transférer la personne à l’hôpital sans attendre les signes tardifs du méthanol qu’il contient.
- Si la personne qui a ingéré cet alcool est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on fait rincer la bouche à l’eau et ne fait ni boire ni vomir.
- Un solvant dans l’œil : on ôte d’abord les lentilles de contact, rince immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à l’eau courante, paupières bien écartées, et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation en lui signalant leur port.
- d-limonène dans l’œil : on ôte d’abord les lentilles de contact, rince immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à l’eau courante et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation.
- Térébenthine sur la peau : on appelle rapidement le centre antipoison, retire les vêtements souillés, les mains gantées, lave immédiatement et abondamment la peau à grande eau au moins 15 minutes et consulte sans tarder en cas d’irritation ou de contact étendu ou prolongé.
- Un solvant sur la peau : on retire les vêtements souillés, les mains gantées, lave immédiatement et abondamment la peau à grande eau au moins 15 minutes et consulte un médecin en cas d’irritation ou de contact étendu ou prolongé.
- Vapeurs de térébenthine ou de d-limonène respirées : on appelle rapidement le centre antipoison et met la personne hors de la zone polluée en se protégeant.
- Alcool à brûler inhalé : on met la personne hors de la zone polluée en se protégeant.
- Si la personne qui a respiré ces vapeurs est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on la garde au repos.
- Au besoin, après ces vapeurs : on retire ses vêtements souillés, les mains gantées, et lave sa peau et ses yeux aussitôt et abondamment à grande eau au moins 15 minutes ; en cas de symptômes, on consulte rapidement un médecin.
Sources
- Pline l’Ancien — Histoire naturelle (livre XXXV) — sources antiques sur la cera punica et l’encaustique grecque
- Vitruve — De Architectura (livre VII, chapitre 9, 30-20 av. J.-C.) — la ganosis : cire punique fondue et huilée sur les enduits au minium
- Comte de Caylus — Mémoire sur la peinture à l’encaustique et sur la peinture à la cire (1755)
- Diderot et d’Alembert — Encyclopédie (1751-1772) — articles sur cires, vernis et ébénisterie
- FCBA — Institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement — données techniques sur les huiles siccatives (lin, tung, noix), cires et vernis de finition (nouvelle fenêtre)
- INMA — Institut pour les Savoir-Faire Français (nouvelle fenêtre)
- Musée des Arts Décoratifs de Paris (nouvelle fenêtre)
- Musée du Louvre — collections arts décoratifs et égyptiennes (nouvelle fenêtre)
- ICOM-CC — Committee for Conservation, groupe Wood, Furniture, and Lacquer (nouvelle fenêtre) — comité pour la conservation du Conseil international des musées ; ce groupe de travail réunit les spécialistes du bois, du mobilier et des laques et publie leurs actes de conférence
- Artisans Ébénistes de France (AEF) — label professionnel créé en 1993 à l’initiative d’ébénistes traditionnels : fondements, charte et référentiels (nouvelle fenêtre)
- INRS — ED 6106, Les appareils de protection respiratoire : choix et utilisation (nouvelle fenêtre) — classes des demi-masques filtrants (EN 149) et des filtres (EN 143) : FFP1 et P1 au moins 80 % des aérosols d’essai, FFP2 et P2 au moins 94 %, FFP3 au moins 99 %, P3 au moins 99,95 %, le filtre se montant sur un demi-masque EN 140 ; notre règle contre la poussière de bois : FFP3 ou P3, FFP2 et P2 ne suffisent pas, FFP1 et P1 encore moins ; tableau 3 des filtres anti-gaz EN 14387 (type A au-dessus de 65 °C d’ébullition, AX en dessous et à usage unique, K pour l’ammoniac et les dérivés aminés) ; § 1.3.4, filtres combinés à double marquage ; annexe 3, facteurs de protection assignés conseillés par l’INRS : 10 pour un demi-masque à filtre P3, 30 pour un masque complet à filtre P3, 40 pour une cagoule ou un casque TH3 P
- INRS — Poussières de bois, ce qu’il faut retenir (nouvelle fenêtre) — cancérogène du groupe 1 du CIRC quel que soit le bois ; VLEP réglementaire contraignante de 1 mg/m³ sur 8 h (R. 4412-149) ; captage à la source en première mesure
- IARC — Monographs Volume 62, Wood Dust and Formaldehyde (1995) (nouvelle fenêtre) — la monographie qui classe la poussière de bois dans le groupe 1
- IARC — Monographs Volume 100C, Arsenic, Metals, Fibres, and Dusts (2012) (nouvelle fenêtre) — réévaluation des agents du groupe 1 : poussière de bois et silice cristalline (quartz, cristobalite) confirmées
- Légifrance — Code du travail, article R. 4412-149 (valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes) (nouvelle fenêtre) — bois (poussières de) : 1 mg/m³ sur 8 h ; silice cristalline, fraction alvéolaire, quartz : 0,1 mg/m³ ; version en vigueur au 10 avril 2026
- Hilti France — Aspirateurs de chantier classe L, classe M et classe H : quelle est la différence ? (nouvelle fenêtre) — classes de la norme EN 60335-2-69 : L pour les poussières de VLEP supérieure à 1 mg/m³, M (rétention 99,9 %) pour celles de VLEP supérieure ou égale à 0,1 mg/m³, sciure et poussière de bois comprises, H (99,995 %) pour les poussières cancérogènes ou pathogènes
- Prévention BTP — Atelier bois : réduire l’exposition aux poussières avec un aspirateur industriel (nouvelle fenêtre) — un filtre de classe M est adapté à l’aspiration des particules de bois : efficacité de filtration supérieure à 99,9 %, perméabilité maximale inférieure à 0,1 %
- MANN+HUMMEL — Filter classification, DIN EN 1822 (nouvelle fenêtre) — grades du média filtrant : H13 ≥ 99,95 %, H14 ≥ 99,995 % en valeur intégrale, mesurés à la taille de particule la plus pénétrante (MPPS), minimum d’efficacité du média ; nous en retenons que le grade du filtre est une autre référence que la classe de la machine et que la mesure ne se fait pas à 0,3 µm
- INRS — Fiche toxicologique n° 132, essence de térébenthine (nouvelle fenêtre) — point d’éclair d’environ 35 °C en coupelle fermée, inflammation sans flamme ni étincelle à partir de 220 à 255 °C, intervalle d’ébullition de 150 à 180 °C, au-dessus du seuil du type A (EN 14387) ; recommandations : filtre de type A, gants nitrile, fluorés ou multicouches, caoutchoucs naturel, butyle et néoprène ainsi que le poly(chlorure de vinyle) à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS
- INRS — Base CarAtex, fiche « White-spirit », CAS 8052-41-3 (nouvelle fenêtre) — mise à jour avril 2018 ; inflammation sans flamme ni étincelle à partir de 180 °C, intervalle d’ébullition de 130 à 230 °C, point d’éclair 30-65 °C en coupelle fermée ; c’est la plus basse de ces températures parmi les solvants que le site relève pour cette liste, et notre règle en fait le seuil : une surface d’atelier — carter, résistance, conduit — l’atteint
- INRS — Fiche toxicologique n° 324, solvants aliphatiques en C9-C20 contenant des hydrocarbures aromatiques (nouvelle fenêtre) — white-spirit : filtre de type A, « combiné à un filtre P2 en cas d’activité générant des aérosols » dans les mots de la fiche ; notre lecture : ce P2 est la classe que la fiche donne à l’aérosol de solvant, et elle ne suffit pas hors de ce cas ; gants nitrile ou fluorés pour un contact prolongé, PVC ou néoprène pour un contact intermittent ou une éclaboussure, caoutchouc naturel et butyle à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS
- INRS — Fiche toxicologique n° 227, dipentène et isomères (d-limonène) (nouvelle fenêtre) — filtre de type A ; aspiration des vapeurs à leur source d’émission et ventilation des lieux de travail ; pour un contact prolongé, matériaux multicouches, élastomères fluorés ou PVC ; le caoutchouc nitrile est à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS ; point d’ébullition 178 °C, au-dessus du seuil du type A (EN 14387)
- INRS — Fiche toxicologique n° 5, méthanol (nouvelle fenêtre) — point d’ébullition 64,5 °C, sous le seuil du type A (EN 14387) ; recommandations : aspiration des vapeurs à leur source d’émission et ventilation générale des locaux ; filtre de type AX ; gants en caoutchouc butyle ou en polychloroprène, le caoutchouc naturel, le nitrile et le PVC n’étant pas recommandés
- INRS — Fiche toxicologique n° 48, éthanol (nouvelle fenêtre) — point d’ébullition 78 °C, au-dessus du seuil du type A (EN 14387) ; recommandations : dans tous les cas, aspiration des vapeurs à leur source d’émission et ventilation des lieux de travail ; filtre de type A ; caractéristiques : l’alcool à brûler du commerce est un éthanol dénaturé, en France, selon le procédé général, au méthylène-Régie (3,5 %, un mélange à environ 65 % de méthanol) et au 2-propanol (1 %), la fiche réservant des procédés spéciaux ; gants pour un contact prolongé : butyle, Viton® ou multicouche Barrier® ; pour un contact intermittent ou une éclaboussure, nitrile ou néoprène ; à éviter, caoutchouc naturel, alcool polyvinylique et PVC ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS
- AST25 — Risque chimique : choisir des gants adaptés (EN ISO 374-1:2016) (nouvelle fenêtre) — type A, perméation supérieure à 30 minutes pour au moins six substances ; type B, trois ; type C, supérieure à 10 minutes pour une ; lettres A méthanol, B acétone, D dichlorométhane, F toluène, J n-heptane, K soude caustique 40 %, O ammoniaque 25 %