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Identifier les Essences de Bois

Par : Équipe rédactionnelle InnovativeTechFusion

Parcours: Entretien du Bois — Fondamentaux

Leçon 15 sur 15

Reconnaître l’essence d’un bois n’est pas une coquetterie d’érudit : c’est ce qui décide, en amont, du produit qu’on posera dessus. Densité, porosité, composition chimique varient d’une essence à l’autre et commandent les huiles, les cires et les techniques de finition compatibles — un acajou, un teck et un noyer n’appellent pas le même traitement qu’un pin sylvestre. Pour l’artisan, le restaurateur ou le collectionneur, l’identification est aussi un préalable légal et patrimonial : elle conditionne le respect de la réglementation sur le commerce du bois et la juste valeur d’une pièce ancienne. Ce catalogue de référence rassemble les repères qui permettent d’orienter cette lecture, des critères visibles à l’œil nu jusqu’aux méthodes de laboratoire.

L’identification est également devenue une obligation légale dans l’Union européenne. Le Règlement bois UE n° 995/2010, adopté le 20 octobre 2010, entré en vigueur le 2 décembre 2010 et applicable depuis le 3 mars 2013, impose aux opérateurs qui mettent du bois sur le marché européen de documenter « l’espèce, le pays de récolte, la quantité et les informations de conformité du fournisseur » (Wikipedia, EU Timber Regulation — https://en.wikipedia.org/wiki/EU_Timber_Regulation). À noter que ce régime est appelé à être remplacé par le Règlement (UE) 2023/1115 (EUDR), applicable le 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises, et le 30 juin 2027 pour les micro et petites entreprises. Pour les bois précieux tropicaux, la Convention (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora), signée le 3 mars 1973 et entrée en vigueur le 1er juillet 1975, ajoute un régime de permis pour les espèces inscrites à ses annexes (Wikipedia, CITES — https://en.wikipedia.org/wiki/CITES).

Cet article propose un catalogue de référence documenté à partir de sources publiques vérifiées : la base technologique CIRAD Tropix (245 essences forestières — https://tropix.cirad.fr/), The Wood Database d’Eric Meier (environ 600 espèces — https://www.wood-database.com/), l’USDA Forest Products Laboratory (laboratoire fédéral de recherche bois fondé en 1910 à Madison, Wisconsin — https://en.wikipedia.org/wiki/Forest_Products_Laboratory) et l’Institut technologique FCBA (Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement, héritier du CTBA et de l’AFOCEL — https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_technologique_FCBA). Nous ne prétendons pas remplacer une expertise xylologique de terrain : ce guide est un point d’entrée bibliographique, à compléter par l’observation directe et, pour les cas complexes, par une consultation d’expert.

Critères visuels macroscopiques : la première lecture

Avant toute microscopie ou analyse chimique, l’identification commence à l’œil nu et à la loupe (un grossissement × 10 suffit le plus souvent). Cinq paramètres macroscopiques structurent cette première lecture, et c’est elle qui, dans l’immense majorité des cas, donne déjà la réponse.

Cœur et aubier (duramen et alburnum)

Le tronc d’un arbre comporte deux zones distinctes. Le (ou cœur) est « la masse principale du tronc, formant le bois parfait », composé de cernes anciens aux cellules mortes et lignifiées ; il est généralement plus foncé que la couche externe (Wikipedia FR, Bois — https://fr.wikipedia.org/wiki/Bois). L’ (alburnum) constitue les « couches concentriques de cellules non encore lignifiées formant un bois encore imparfait », où circule la sève, et qui se transforme progressivement en duramen sur 4 à 20 ans selon les essences.

Le contraste entre cœur et aubier est un premier indice fort : très marqué chez le noyer (cœur brun chocolat à noir, aubier crème), il est en revanche peu visible chez le hêtre ou l’érable, dont les deux zones restent proches en teinte.

Cernes annuels et anatomie saisonnière

Dans les climats tempérés, l’alternance des saisons produit des cernes annuels bien visibles. Chaque cerne contient un bois de printemps (earlywood), tendre, à larges vaisseaux, puis un bois d’été (latewood), plus dense, à parois cellulaires épaisses qui apportent la résistance mécanique (Wikipedia, Wood — https://en.wikipedia.org/wiki/Wood). Les bois tropicaux à croissance continue présentent en revanche souvent des cernes très peu marqués, voire absents.