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Calanques : pierre et mer

Par : Équipe rédactionnelle InnovativeTechFusion

Parcours: Paysages vivants

Légende 4 sur 6

Neuf heures, et la roche blanche tape déjà si fort que Léo plisse les yeux. Devant lui, Marine ne se retourne pas. Elle marche comme on marche chez soi — un pas régulier, baskets de marche bien lacées sur le calcaire. Ils ont quitté le parking de Port-Miou il y a trois minutes.

Pendant l’heure de voiture, Léo a parlé de Sainte-Victoire — les sillons, les strates, l’aigle de Bonelli, le mot karst qu’il lâche maintenant comme un connaisseur. Sa cousine a hoché la tête, sans rien ajouter. Elle vit ici toute l’année, à La Ciotat ; lui n’est que de passage.

À droite, la mer : un turquoise qu’aucun mot ne tient. À gauche, le calcaire renvoie le soleil de mai bien plus dur qu’à Sainte-Victoire. Le sentier zigzague entre des pins d’Alep tordus par le vent. L’air sent le sel et la résine chaude. Léo a beaucoup à dire. Il le garde. Ici, c’est elle qui sait où l’on va.

Marine s’arrête devant un poteau. Sur le calcaire, une marque de peinture bleue, fraîche. « Bleu, c’est le Parc. On ne le quitte pas. »

Léo touche la roche : plus dure que celle de chez lui, plus dense. À Sainte-Victoire, le sentier officiel était jaune. « Pas comme chez nous, alors. » Marine hausse à peine une épaule. Non. Chaque massif a son code, et le sien s’arrête à la sortie d’Aix.

Cinquante mètres plus loin, le sentier longe un à-pic. Le vide s’ouvre d’un coup — quatre-vingts mètres de roche blanche jusqu’à l’eau, sans barrière. Par réflexe, Léo avance vers le bord. Une main le tire par la manche. Ferme, nette, sans un cri.

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