
Nourrir, protéger, embellir : trois verbes que le commerce mélange et que ce guide sépare, parce qu’ils ne se font ni avec les mêmes produits ni dans le même but. Nourrir, c’est saturer les pores d’un corps gras qui durcit (les huiles ). Protéger, c’est poser un film de surface qui encaisse l’eau et les chocs (les cires). Embellir, c’est le lustrage qui révèle le veinage. Confondre les trois — cirer un bois qui demandait à être nourri, par exemple — explique la moitié des déceptions d’entretien.
Une idée fausse traverse presque tous les conseils glanés ici et là, et il faut la dissiper d’emblée : on n’entretient pas le bois pour l’imperméabiliser. Un meuble totalement scellé ne respire plus, emprisonne son humidité et finit par fendre. Le but réel d’une huile ou d’une cire est d’amortir les variations, pas de les interdire. Tout le reste de ce guide découle de ce principe.
Anatomie du bois : ce qu’il faut en retenir ici
Le détail anatomique est traité par la leçon Entretien du bois au quotidien — vue d’ensemble ; ici, une seule conséquence pratique compte. Les bois à pores diffus (hêtre, érable, bouleau) ont une surface fermée qui boit peu ; les bois à zone poreuse (chêne, frêne, châtaignier) ouvrent de larges canaux qui boivent beaucoup. D’où la règle de dosage qui servira partout dans ce guide : comptez deux à trois couches d’huile sur un bois à grain fin, quatre à cinq sur un chêne à gros pores, et arrêtez-vous non pas à un nombre de couches mais au moment où le bois refuse d’absorber davantage. C’est le bois qui dit quand s’arrêter, pas la notice.
L’équilibre hygroscopique : le bois respire
Le bois est : il échange constamment de l’humidité avec l’air ambiant et se stabilise autour de 9 % d’humidité interne dans un intérieur chauffé, avec des variations saisonnières détaillées par la leçon d’ouverture du parcours, Entretien du bois au quotidien — vue d’ensemble. Ces variations dimensionnelles sont normales et inévitables. Le rôle des produits d’entretien n’est pas d’empêcher ces échanges (ce serait impossible et contre-productif), mais de les ralentir pour éviter les chocs hygriques brutaux. Les professionnels recommandent une humidité relative stable entre 40 % et 60 %.
Les ennemis du bois : UV, eau, taches et parasites
Les rayons ultraviolets dégradent la lignine, le ciment naturel qui lie les fibres de cellulose ; le bois grisaille en extérieur. L’eau liquide s’infiltre dans les pores, fait gonfler le bois localement et laisse des auréoles ; les cycles répétés de mouillage-séchage provoquent gerces et décollements. Les taches grasses (huiles de cuisine, doigts, cosmétiques) pénètrent profondément et sont presque impossibles à retirer sans ponçage. Les taches colorées (vin rouge, café, encre) se fixent durablement aux fibres. Les parasites xylophages (vrillettes, capricornes, termites) creusent des galeries fragilisantes. Une finition à l’huile ne les arrête pas : un traitement curatif ou préventif passe par un produit biocide au titre du règlement (UE) n° 528/2012, ou par une essence dont la classe de durabilité naturelle suffit au sens de la norme EN 350.
Qu’est-ce qu’une huile siccative ?
Le terme siccatif vient du latin siccare qui signifie sécher. Une huile polymérise au contact de l’oxygène de l’air : ses molécules d’acides gras insaturés réagissent avec l’oxygène pour former un réseau tridimensionnel solide. Ce processus, appelé polymérisation oxydative, transforme l’huile liquide en un film souple mais résistant qui protège le bois de l’intérieur. L’ mesure la capacité siccative d’une huile : plus il est élevé, plus l’huile sèche vite et forme un film dur. On considère qu’une huile est siccative lorsque son indice d’iode dépasse 130.
L’huile de lin : la référence millénaire
L’huile de lin, extraite des graines du lin (Linum usitatissimum), est utilisée pour la protection du bois depuis l’Antiquité. Son indice d’iode de 170-204 en fait une excellente huile siccative. Avantages : pénétration profonde, film souple, protection durable jusqu’à 5 ans en usage intérieur, mise en valeur du veinage, produit 100 % naturel et biodégradable, prix accessible. Inconvénients : séchage lent, dont la durée dépend de la forme d’huile choisie (voir ci-dessous), légère odeur pendant le séchage, jaunissement progressif à l’obscurité.
- Huile de lin crue : première pression à froid, sans additif ; séchage tactile lent, plusieurs jours par couche. Idéale pour saturer les bois poreux en profondeur.
- Huile de lin cuite (boiled linseed oil, BLO) : huile crue additionnée de stand oil et de siccatifs métalliques — cobalt, manganèse, zirconium ; séchage tactile en 16 à 24 h. Ce sont ces siccatifs, controversés, qui la rendent rapide.
- Huile de lin polymérisée (stand oil, ) : huile crue cuite à l’abri de l’oxygène, sans siccatif ; très visqueuse, moins pénétrante, film plus dur et plus élastique.
- Huile de lin alimentaire : non raffinée, sans additif, destinée aux planches à découper. C’est une huile crue, avec le séchage lent d’une huile crue.
L’huile de tung : la plus performante
L’huile de tung, également appelée huile de bois de Chine ou huile d’abrasin, est extraite des noix de l’arbre Vernicia fordii. Utilisée en Chine depuis plus de 2500 ans, elle est considérée par de nombreux professionnels comme la meilleure huile naturelle pour le bois. Polymérisation plus complète que celle de l’huile de lin grâce à sa forte teneur en acide α-éléostéarique (77-82 %), excellente résistance à l’eau, stabilité de couleur (ne jaunit pas), résistance aux moisissures. Points d’attention : prix 2 à 3 fois plus élevé que celui de l’huile de lin, ponçage fin entre couches nécessaire, durcissement complet en plusieurs semaines, sans fourchette chiffrée publiée ici, et aucun statut de contact alimentaire en Europe.
Autres huiles siccatives
L’huile de noix ( 140-160) est semi- et appréciée pour les objets en contact alimentaire, mais elle impose une réserve : le risque allergénique. Seule l’huile de noix raffinée présente un faible risque, le raffinage retirant la quasi-totalité des protéines de la noix où loge l’allergène ; l’huile vierge, pressée à froid ou non raffinée — celle qu’on achète pour une planche à découper — conserve les protéines allergéniques des fruits à coque (Juglans regia), allergène à déclaration obligatoire au titre du règlement (UE) n° 1169/2011 (Annexe II, fruits à coque). Elle doit être évitée par les personnes allergiques aux fruits à coque et son usage signalé sur les surfaces partagées ou en contact alimentaire (planches à découper, plans de travail, ustensiles). L’huile de chanvre (150-170), qui laisse une légère teinte verdâtre, s’impose peu à peu comme une alternative écologique. L’huile de carthame (140-150) ne jaunit pratiquement pas, ce qui la rend adaptée aux bois clairs comme l’érable ou le frêne. L’huile de perilla (190-210) possède l’indice d’iode le plus élevé des huiles courantes mais reste peu disponible en Europe.
Pourquoi éviter l’huile d’olive pour le bois
L’huile d’olive — comme les huiles de tournesol, d’arachide et de colza — est non siccative et rancit en quelques semaines : elle est à proscrire pour l’entretien du bois, en particulier au contact alimentaire, où l’on préfère l’huile minérale de qualité alimentaire (le détail de cet arbitrage est traité par la leçon Entretien quotidien du bois). L’huile de coco constitue un cas à part : très majoritairement saturée, elle résiste bien à l’oxydation mais reste non siccative — elle ne durcit jamais et laisse un toucher gras. Cette mise en garde vise les huiles végétales alimentaires non siccatives : la « cire d’olive » des cirages est une cire, solide à température ambiante, qui agit par un dépôt de surface sec que l’on lustre, sans polymériser ni rester grasse.
La cire d’abeille : douceur et tradition
La cire d’abeille (Cera flava) est le produit d’entretien du bois le plus ancien et le plus emblématique. Sécrétée par les abeilles ouvrières, elle fond à 62-65 °C — l’intervalle de fusion de la spécification E 901 du règlement (UE) n° 231/2012 —, présente une couleur naturelle jaune doré à brun, une odeur de miel et de propolis, une texture souple et malléable. Elle forme un film protecteur souple et satiné, nourrit le bois en comblant les micropores, facilite l’entretien courant et se répare facilement. Sa protection contre l’eau est modérée et elle est sensible à la chaleur (une tasse chaude laisse une marque). Elle est inscrite comme additif alimentaire sous le numéro (liste positive du Règlement (CE) n° 1333/2008), une autorisation qui porte sur l’additif et non sur la conformité d’une finition : sur une planche à découper, c’est la déclaration de conformité du fabricant qui fait foi.
La cire de carnauba : dureté et brillance
La cire de carnauba est extraite des feuilles du palmier Copernicia prunifera, endémique du nord-est du Brésil. Point de fusion très élevé : 82-86 °C (ne fond pas aux températures domestiques usuelles), dureté maximale parmi les cires naturelles, brillance intense après lustrage, excellente résistance aux frottements. Rarement utilisée pure car trop dure, elle est généralement mélangée à 10-30 % avec la cire d’abeille pour apporter dureté et brillance tout en conservant la souplesse d’application.
Préparer et appliquer une encaustique traditionnelle
L’ traditionnelle est une pâte de cire dissoute dans de l’essence de térébenthine pure gemme, et c’est la proportion entre les deux qui décide de la consistance : plus de solvant donne une pâte souple, facile à pousser au chiffon ; moins de solvant donne une pâte ferme, qui laisse un film plus résistant à l’usure. La cire de carnauba n’entre qu’en appoint, pour durcir le mélange sans lui ôter sa souplesse d’application. L’ordre des opérations, lui, ne varie pas : la cire fond seule, le récipient est retiré du feu, le solvant rejoint la cire fondue en filet et sous agitation, puis la pâte encore fluide est coulée dans un bocal, laissée refroidir à découvert, fermée et remisée dans un placard sombre et frais. À l’usage, elle se prélève en petite quantité sur un chiffon doux, s’étale en voile mince en suivant le fil du bois, puis se lustre une fois le solvant évaporé. Les pesées, les ratios documentés et le protocole complet figurent dans la leçon Recette d’encaustique maison. Quelle que soit la formule retenue, les cires ne se fondent qu’au bain-marie, jamais sur une flamme directe, et la térébenthine, inflammable, ne s’ajoute qu’une fois le récipient éloigné de toute source de chaleur.
Planches à découper et ustensiles
Première mise en service : appliquer généreusement une huile minérale de qualité alimentaire (paraffine liquide) ou, à défaut, une huile de lin alimentaire crue — aucun conditionnement de ce type n’étant accompagné d’une déclaration de conformité pour cet emploi. Laisser pénétrer 30 minutes, essuyer l’excédent. Répéter 3 à 5 fois. Le délai entre deux couches est celui du produit choisi, pas celui d’une huile de lin cuite : l’huile minérale ne polymérise pas et se recharge dès l’excédent essuyé, quand une huile de lin crue, privée de siccatif, met plusieurs jours à sécher au toucher. Avec une huile , compter au moins 7 jours de plus avant le premier usage alimentaire. Le produit retenu doit déclarer son aptitude au contact des denrées (Règlement (CE) n° 1935/2004) ; le tri entre cires, huiles siccatives et huile minérale est conduit par la leçon Choisir un cirage pour planches à découper. Entretien courant : laver à l’eau tiède savonneuse, rincer, essuyer aussitôt, puis laisser sécher à la verticale. Ne jamais laisser tremper, ne jamais passer au lave-vaisselle. Une fois par mois, appliquer une couche d’huile.
Meubles et boiseries d’intérieur
Meubles cirés : dépoussiérer avec un chiffon doux, appliquer une fine couche de cire tous les 6 mois et lustrer après séchage. Une fois par an, si le meuble est encrassé, décirer à la térébenthine avant de recirer. Pour les taches blanches (traces d’eau ou de chaleur), frotter délicatement avec un mélange de cendre de cigarette et d’huile, dans le sens du fil. Ces deux gestes valent pour un meuble contemporain. Un meuble d’époque porte souvent sa cire par-dessus le fini d’origine, vernis au tampon ou huile ; la cire se renouvelle, ce fini ne se remplace pas. L’Institut canadien de conservation (Notes de l’ICC 7/2) retient que le fini d’origine d’un meuble a une valeur historique, esthétique et financière et devrait être préservé. Pour la vieille cire, la même note admet un enlèvement à l’essence minérale (white-spirit), au bâtonnet de bois autour des ferrures et dans les gravures, ou sur tout l’objet si la surface entière porte une épaisse couche de cire, toujours après un essai sur une petite surface non apparente qui vérifie que le solvant ne touche pas le fini ; elle réserve au restaurateur le nettoyage d’un fini en résine naturelle dégradé. Le frottage à la cendre agit par abrasion : sur un fini d’époque, ce qu’il enlève est enlevé pour de bon. Le premier geste devant une pièce ancienne est donc de consulter un restaurateur ; Restaurer les meubles anciens, plus loin dans ce parcours, expose les principes de cette décision. Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
Meubles huilés : c’est l’eau qui renseigne. Une goutte déposée sur une zone très sollicitée suffit à trancher. Tant qu’elle garde sa forme de bille et file à la moindre inclinaison, le film protège encore ; si elle s’aplatit, disparaît dans le bois et y laisse une auréole plus sombre, la couche d’huile est à refaire. La leçon Protection des parquets reprend ce contrôle au sol et lui ajoute deux diagnostics propres aux parquets, l’un pour les finitions cirées, l’autre pour les vitrificateurs.
Instruments de musique en bois
Un instrument de musique en bois (guitare, violon, piano) relève du seul luthier : on n’y applique jamais d’huile de lin, de cire d’abeille, de silicone ni de produit ménager. La leçon Entretien par Type d’Objet, Sécurité et Bonnes Pratiques détaille ces précautions.
Sécurité et précautions d’usage
L’essence de térébenthine pure gemme présente des risques réels : point éclair de 35 °C, vapeurs explosibles en milieu confiné, irritation cutanée et respiratoire. Son classement européen est harmonisé (annexe VI du règlement CLP, CAS 8006-64-2) : neuf mentions de danger, quatre pictogrammes et le mot DANGER, détaillés dans notre leçon sur la réglementation CLP. La plus lourde de conséquences est le danger d’aspiration H304, qui commande de ne pas faire vomir en cas d’ingestion. Précautions obligatoires : travailler sous aspiration des vapeurs à la source et ventilation du local, porter, pour la térébenthine, gants nitrile et lunettes, aucune source d’inflammation à proximité. Les déchets (chiffons, résidus) sont des déchets dangereux à apporter en déchèterie (filière ). Entre deux usages, le bidon repart fermé, dans son emballage d’origine étiqueté, rangé en hauteur ou dans un placard fermant à clé, hors de portée des enfants et des animaux domestiques ; il n’est jamais transvasé dans une bouteille de boisson, car le récipient d’arrivée ne porte aucun des pictogrammes qui viennent d’être décrits. Substituer un solvant ne fait pas disparaître le danger, il en change le profil, et la comparaison se lit sur les étiquettes, pas sur l’origine des matières : les cires en phase aqueuse et les huiles pures sans solvant suppriment les vapeurs de solvant, tandis que les terpènes d’agrumes portent la même mention DANGER, le même danger d’aspiration et la même sensibilisation cutanée que l’essence de térébenthine, une étiquette plus lourde qu’elle sur l’axe aquatique (très toxique, là où elle est toxique, pour les organismes aquatiques), et un autre gant : multicouche, fluoré ou PVC, la fiche n° 227 de l’INRS écartant le nitrile.
Fréquence d’entretien selon l’usage
La fréquence dépend de la sollicitation. Une planche à découper en service quotidien réclame un huilage hebdomadaire, contre une fois par mois en usage occasionnel, et un plan de travail de cuisine se réhuile tous les deux à trois mois. Côté mobilier, comptez deux cirages par an pour la table de la salle à manger, un seul pour un meuble de salon décoratif. Les sols et les bois exposés suivent un rythme propre : lavage à l’huile-savon mensuel puis réhuilage annuel pour un parquet de couloir très fréquenté, réhuilage tous les deux à trois ans dans une chambre, saturateur repassé une à deux fois par an sur une terrasse. Ces intervalles restent des repères : le contrôle de la finition avant chaque passage fixe la date réelle.
- Appliquer trop de produit : une couche épaisse ne sèche pas correctement, reste collante et attire la poussière. Mieux vaut plusieurs couches fines.
- Ne pas essuyer l’excédent : après 15-30 minutes de pénétration, tout excédent d’huile doit être retiré au chiffon sec.
- Mélanger les produits incompatibles : ne pas appliquer de cire sur un vernis polyuréthane, ni d’huile sur une lasure.
- Travailler sur bois humide : l’huile ou la cire n’adhéreront pas. Le bois doit être parfaitement sec (< 12 % d’humidité).
- Négliger la préparation : poussière, graisse ou ancienne finition dégradée empêchent une bonne adhérence.
- Oublier les faces cachées : une planche huilée sur une seule face se déformera. Traiter toujours toutes les faces.
Conclusion : un entretien régulier pour une beauté durable
Un entretien court et régulier évite les rénovations lourdes : quelques minutes tous les six mois suffisent là où un décapage complet demande plusieurs journées. Un meuble suivi de cette façon traverse les générations en gardant sa patine. Les produits naturels présentés — huile de lin, huile de tung, cire d’abeille, cire de carnauba — reprennent des matières employées de longue date pour la finition du bois : la cire d’abeille et l’huile de lin sont traditionnelles en Provence, tandis que l’huile de tung (originaire de Chine) et la cire de carnauba (du Brésil) ne se sont diffusées en Europe qu’aux XIXe et XXe siècles. Ils sont biodégradables, renouvelables, réparables. Pour le cadre réglementaire des solvants utilisés, voir la leçon 7 (CLP). Pour la combustion spontanée détaillée, voir la leçon de sécurité dédiée.
Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes
- Vapeurs d’un solvant bouillant au-dessus de 65 °C : demi-masque EN 140 à filtre de type A (EN 14387), aspiration des vapeurs à la source et ventilation du local (ED 6106) ; térébenthine, 150 à 180 °C (FT 132), white-spirit, 130 à 230 °C (CarAtex), filtre A (FT 324), d-limonène, 178 °C (FT 227) ; notre règle : classe 2, et dehors.
- Un masque jetable FFP (EN 149), FFP2 comme FFP3, n’offre aucune protection contre les vapeurs de solvant.
- Gants pour la térébenthine : nitrile, fluoré ou multicouche, jamais caoutchouc naturel, butyle, néoprène ni PVC (FT 132).
- Gants pour le white-spirit : nitrile ou fluoré, PVC ou néoprène en contact intermittent ou en éclaboussure, jamais caoutchouc naturel ni butyle (FT 324).
- Gants pour le d-limonène : multicouche, fluoré ou PVC, jamais nitrile (FT 227).
- Siccatif au cobalt : le bis(2-éthylhexanoate) de cobalt relève de l’entrée de groupe 607-230-00-6, Repr. 1B, H360D (peut nuire au fœtus), notes A, X et 12 ; notre règle : gants à l’application, aucune huile sur un objet de contact alimentaire ou d’enfant.
- Ni flamme, ni surface ou jet d’air à 180 °C près d’un solvant : le white-spirit s’enflamme seul dès 180 °C (CarAtex), la térébenthine dès 220 à 255 °C (FT 132).
- Térébenthine, white-spirit ou d-limonène avalé (H304) : on appelle aussitôt le 15, fait transférer la personne à l’hôpital en ambulance médicalisée, et même si la personne est consciente, ne fait jamais boire ni vomir.
- Si la personne qui a ingéré ce solvant est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on la garde au repos.
- Au besoin, après ce solvant ingéré : on retire ses vêtements souillés, les mains gantées, et lave sa peau et ses yeux aussitôt et abondamment à grande eau au moins 15 minutes.
- Un solvant dans l’œil : on ôte d’abord les lentilles de contact, rince immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à l’eau courante, paupières bien écartées, et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation en lui signalant leur port.
- d-limonène dans l’œil : on ôte d’abord les lentilles de contact, rince immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à l’eau courante et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation.
- White-spirit dans l’œil : on retire les vêtements souillés, les mains gantées, ôte d’abord les lentilles de contact, lave l’œil immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à grande eau et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation ou si la contamination est étendue ou prolongée.
- Térébenthine sur la peau : on appelle rapidement le centre antipoison, retire les vêtements souillés, les mains gantées, lave immédiatement et abondamment la peau à grande eau au moins 15 minutes et consulte sans tarder en cas d’irritation ou de contact étendu ou prolongé.
- Un solvant sur la peau : on retire les vêtements souillés, les mains gantées, lave immédiatement et abondamment la peau à grande eau au moins 15 minutes et consulte un médecin en cas d’irritation ou de contact étendu ou prolongé.
- Vapeurs de térébenthine, de white-spirit ou de d-limonène respirées : on appelle rapidement le centre antipoison et met la personne hors de la zone polluée en se protégeant.
- Si la personne qui a respiré ces vapeurs est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on la garde au repos.
- Au besoin, après ces vapeurs : on retire ses vêtements souillés, les mains gantées, et lave sa peau et ses yeux aussitôt et abondamment à grande eau au moins 15 minutes ; en cas de symptômes, on consulte rapidement un médecin.
Sources
- INRS — base des fiches toxicologiques, une fiche par substance ou groupe de substances (nouvelle fenêtre)
- ECHA — Inventaire de classification et d’étiquetage (C&L) : essence de térébenthine, CAS 8006-64-2, EC 232-350-7, entrée 650-002-00-6 de l’Annexe VI (nouvelle fenêtre)
- EFSA — European Food Safety Authority (cire d’abeille, additif alimentaire E901 utilisé comme agent de glaçage) (nouvelle fenêtre)
- Artisans Ébénistes de France (AEF) — label professionnel créé en 1993 à l’initiative d’ébénistes traditionnels : fondements, charte et référentiels (nouvelle fenêtre)
- INMA — Institut pour les Savoir-Faire Français (nouvelle fenêtre)
- Institut canadien de conservation (ICC) — Notes de l’ICC 7/2, « Le soin du fini des meubles » (nouvelle fenêtre) — le fini d’origine d’un meuble possède une valeur historique, esthétique et financière et devrait être préservé ; la vieille cire s’enlève à l’essence minérale, au bâtonnet de bois autour des ferrures et dans les gravures ou sur tout l’objet s’il porte une épaisse couche de cire, après essai sur une petite surface non apparente, et le nettoyage d’un fini en résine naturelle dégradé revient à un restaurateur expérimenté.
- INRS — ED 6106, Les appareils de protection respiratoire : choix et utilisation (nouvelle fenêtre) — tableau 3 des filtres anti-gaz EN 14387 (type A au-dessus de 65 °C d’ébullition, AX en dessous et à usage unique, K pour l’ammoniac et les dérivés aminés) ; § 1.3.4, filtres combinés à double marquage ; annexe 3, facteurs de protection assignés conseillés par l’INRS : 10 pour un demi-masque à filtre P3, 30 pour un masque complet à filtre P3, 40 pour une cagoule ou un casque TH3 P
- INRS — Fiche toxicologique n° 132, essence de térébenthine (nouvelle fenêtre) — point d’éclair d’environ 35 °C en coupelle fermée, inflammation sans flamme ni étincelle à partir de 220 à 255 °C, intervalle d’ébullition de 150 à 180 °C, au-dessus du seuil du type A (EN 14387) ; recommandations : filtre de type A, gants nitrile, fluorés ou multicouches, caoutchoucs naturel, butyle et néoprène ainsi que le poly(chlorure de vinyle) à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS
- INRS — Base CarAtex, fiche « White-spirit », CAS 8052-41-3 (nouvelle fenêtre) — mise à jour avril 2018 ; inflammation sans flamme ni étincelle à partir de 180 °C, intervalle d’ébullition de 130 à 230 °C, point d’éclair 30-65 °C en coupelle fermée ; c’est la plus basse de ces températures parmi les solvants que le site relève pour cette liste, et notre règle en fait le seuil : une surface d’atelier — carter, résistance, conduit — l’atteint
- INRS — Fiche toxicologique n° 324, solvants aliphatiques en C9-C20 contenant des hydrocarbures aromatiques (nouvelle fenêtre) — white-spirit : filtre de type A, « combiné à un filtre P2 en cas d’activité générant des aérosols » dans les mots de la fiche ; notre lecture : ce P2 est la classe que la fiche donne à l’aérosol de solvant, et elle ne suffit pas hors de ce cas ; gants nitrile ou fluorés pour un contact prolongé, PVC ou néoprène pour un contact intermittent ou une éclaboussure, caoutchouc naturel et butyle à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS
- INRS — Fiche toxicologique n° 227, dipentène et isomères (d-limonène) (nouvelle fenêtre) — filtre de type A ; aspiration des vapeurs à leur source d’émission et ventilation des lieux de travail ; pour un contact prolongé, matériaux multicouches, élastomères fluorés ou PVC ; le caoutchouc nitrile est à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS ; point d’ébullition 178 °C, au-dessus du seuil du type A (EN 14387)
- AST25 — Risque chimique : choisir des gants adaptés (EN ISO 374-1:2016) (nouvelle fenêtre) — type A, perméation supérieure à 30 minutes pour au moins six substances ; type B, trois ; type C, supérieure à 10 minutes pour une ; lettres A méthanol, B acétone, D dichlorométhane, F toluène, J n-heptane, K soude caustique 40 %, O ammoniaque 25 %
- EUR-Lex — Règlement délégué (UE) 2023/1435, entrée 607-230-00-6 : acide 2-éthylhexanoïque et ses sels — Repr. 1B, H360D, notes A, X, 12 (nouvelle fenêtre) — l’adaptation en vigueur de l’entrée de groupe 607-230-00-6, acide 2-éthylhexanoïque et ses sels : Repr. 1B, H360D (peut nuire au fœtus), notes A, X, 12 ; nous en retenons que le bis(2-éthylhexanoate) de cobalt en relève comme sel