
Poser un nichoir, c’est rendre service aux oiseaux. C’est aussi, sans le vouloir, concentrer en un point repérable un capital fragile : des œufs, des oisillons aveugles, et deux parents si occupés à nourrir qu’ils en oublient toute prudence. Un prédateur n’a pas besoin d’être malin pour en profiter ; il lui suffit d’apprendre. Un nichoir mal placé devient alors un garde-manger à visites régulières, et l’effet protecteur recherché s’inverse en piège. La parade ne tient pas à la chance ni au hasard de l’emplacement : elle se raisonne. Cette leçon passe en revue les principaux prédateurs de jardin, leurs capacités physiques réellement documentées — car c’est en les sous-estimant qu’on les laisse passer — et les dispositifs simples qui ferment, un à un, leurs chemins d’accès.
Le chat domestique () est, en zone habitée, le prédateur de loin le plus actif. L’ampleur du phénomène a de quoi surprendre : l’étude de référence de Loss, Will et Marra (2013), publiée dans Nature Communications, estime que les chats tuent 1,3 à 3,7 milliards d’oiseaux par an aux États-Unis. En Europe occidentale, ils interviennent dans 12,8 % à 26,3 % de l’ensemble des décès d’oiseaux, avec une hausse d’au moins 50 % entre 2000 et 2015. Dans certains villages britanniques, des suivis ont attribué au chat domestique jusqu’à 30 % de la mortalité du moineau domestique. Le danger n’est donc pas anecdotique : il est statistiquement dominant.
Pour s’en défendre, encore faut-il connaître ce dont l’animal est capable, et ne pas l’imaginer moins agile qu’il ne l’est. Le chat chasse surtout à l’aube et au crépuscule — précisément aux heures où les parents multiplient les allers-retours de nourrissage. Il alterne l’affût et l’approche furtive. Il encaisse les chutes : au-delà d’environ 90 cm, son s’amorce et lui permet de retomber sur ses pattes depuis des hauteurs allant jusqu’à 3 m. Et il saute haut : 1,5 à 2 m d’un point d’élan plat, jusqu’à 2,5 à 3 m en prenant appui sur un support. La conclusion est sans appel : tout nichoir sous 2 m sur poteau lisse, ou sous 3 m sur tronc, doit être tenu pour accessible d’un bond — depuis le sol ou depuis un perchoir intermédiaire qu’on n’avait pas vu.
- Collier à clochette (effet partiel) : réduction 30-50 % de capture par alerte sonore. Doit être à fermeture sécurité (élastique de libération en cas d’accrochage à une branche).
- Collier de couleur vive (orange fluo, Birdsbesafe) : exploite la vision dichromatique des oiseaux ; réduction 50-80 % des captures.
- Confinement crépusculaire : maintenir le chat à l’intérieur entre une heure avant coucher et une heure après lever (fenêtre de chasse). Mesure très efficace.
La fouine () est l’adversaire que l’on néglige le plus, parce qu’elle opère de nuit et qu’on ne la croise jamais à l’œuvre. Les références mammalogiques la donnent à 40-54 cm de longueur (queue non comprise) pour 1,1 à 2,3 kg, avec un net dimorphisme sexuel : mâles de 430-590 mm et 1,7-2,1 kg en été, femelles plus menues à 380-470 mm et 1,1-1,5 kg. On la reconnaît à son pelage brun à brun-noir et à sa tache de gorge d’un blanc pur — c’est ce blanc qui la distingue de la martre des pins, dont la gorge tire sur le jaune.
C’est une opportuniste accomplie : elle pille volontiers les nids d’oiseaux, s’en prend aux poules et peut dévaster un poulailler mal protégé — certains individus finissent même par s’y spécialiser. Surtout, elle grimpe : un peu moins audacieusement que la martre des pins, mais assez pour installer ses gîtes dans des cavités d’arbres jusqu’à 9 m de hauteur. Autrement dit, aucune hauteur de pose sur un arbre ne la met hors d’atteinte. En ville, ses gîtes se trouvent presque toujours dans les bâtiments, surtout en hiver : elle est partout, et plus proche qu’on ne croit.
Le chat et la fouine ne sont que les plus voyants d’une liste plus longue, qu’il serait imprudent d’écourter. Le Geai des chênes (Garrulus glandarius) inclut dans son régime œufs et jeunes oiseaux ; long de 32-35 cm, son bec robuste peut élargir un trou si le bois est tendre. Parade : un trou d’envol calibré (28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la charbonnière, 34 mm pour le moineau friquet) doublé d’une plaque de renfort métallique. Même remarque pour la pie bavarde (Pica pica) et la corneille noire (Corvus corone).
Les écureuils (Sciurus vulgaris et S. carolinensis) sont des prédateurs aviaires rares mais réels : sur 600 contenus stomacaux d’écureuils roux examinés, quatre seulement renfermaient des restes d’oiseaux ou d’œufs. Rare ne veut pas dire négligeable, car l’animal est un grimpeur hors pair : il peut bondir de près de 4 m d’un arbre à l’autre et descend les troncs la tête la première. La parade est la même que pour la fouine : détacher le nichoir du tronc, ajouter un manchon anti-grimpe, calibrer le trou.
Les rats (Rattus rattus, Rattus norvegicus) ajoutent à l’opportunisme une réelle agilité grimpante, surtout dans les jardins urbains. Parade : un manchon anti-grimpe sur poteau et l’éloignement des sources de nourriture (compost, mangeoires au sol, sacs poubelle).
Les serpents, enfin, concernent surtout la zone méditerranéenne et collinaire : deux couleuvres grimpeuses et opportunistes, la coronelle lisse (Coronella austriaca) et la couleuvre d’Esculape (), cette dernière franchement arboricole. Aucune n’est dangereuse pour l’humain et toutes deux sont protégées par la loi. Parade : un manchon anti-grimpe sur poteau lisse. Sur un arbre, la rugosité de l’écorce facilite leur progression — mieux vaut alors privilégier le poteau métallique muni d’un manchon dans les secteurs où la couleuvre d’Esculape est fréquente.
Les pics (Picidae), enfin — Pic épeiche (Dendrocopos major) et Pic vert (Picus viridis) —, s’attaquent à l’occasion aux œufs et aux oisillons, soit en élargissant un trou d’envol mal renforcé (un 28 mm peut passer à 50-60 mm en quelques minutes), soit en perçant carrément la paroi. La réponse : une plaque de renfort métallique et une façade en bois dur (chêne, châtaignier) d’au moins 18 mm d’épaisseur.
À quelle hauteur poser, dès lors ? La réponse dépend moins d’une règle générale que de l’espèce visée et du prédateur local. Elle dépend aussi de ce que l’on atteint sans tomber : au-dessus de 2 m, chaque ligne ci-dessous est un travail en hauteur, et la liste se ferme sur la règle d’échelle qui vaut pour chacune d’elles. Espèce par espèce :
- Mésange charbonnière et mésange bleue : 2 à 5 m. À 2 m sur poteau métallique avec manchon, la protection contre le chat est assurée. À 4-5 m sur arbre, défense renforcée par si fouine présente.
- Sittelle torchepot (Sitta europaea) : 3 à 6 m. Pose sur tronc + manchon ou cône déflecteur absolument nécessaire si fouine présente.
- Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) : 1 à 2 m dans végétation dense (lierre, ronces). Défense par masque végétal.
- Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) : 3 à 5 m, façade dégagée.
- Moineau friquet et moineau domestique : 2 à 4 m sous toiture, façade nord ou est. Attention aux appuis intermédiaires à proximité.
- Hirondelle de fenêtre et rustique : 4 à 8 m sous corniche ou avant-toit.
- Choucas des tours, faucon crécerelle, chouette effraie : ≥ 8 m.
- Jusqu’à 4 m de hauteur de pose — mésanges et moineaux à 2 à 4 m, sittelle et rougequeue à 3 à 4 m, rouge-gorge posé depuis le sol —, l’échelle suffit, à ses conditions. Pose et nettoyage depuis une échelle calée sur sol stable — fixée en tête ou en pied, ou tenue par un dispositif antidérapant —, inclinée entre 65° et 75° (règle du quart) et dépassant d’un mètre le point d’appui, le pied tenu par un second adulte, trois points d’appui en permanence et les mains libres ; jamais depuis les trois derniers échelons.
- Au-delà de 4 m — le haut des fourchettes de la mésange, de la sittelle et du rougequeue sur arbre, les hirondelles sous corniche, le choucas, le crécerelle et l’effraie à 8 m et plus. À cette hauteur, ni pose ni nettoyage depuis une échelle : support qui se descend au sol (mât basculant ou télescopique), pose depuis l’intérieur du bâtiment par une fenêtre ou une lucarne, ou professionnel équipé d’une nacelle ou d’un échafaudage.
- Ces règles d’échelle sont celles du travail salarié : le Code du travail interdit l’échelle comme poste de travail hors tâche brève, non répétitive et à faible risque (article R. 4323-63), et l’INRS classe les chutes de hauteur au deuxième rang des accidents mortels du travail, derrière le risque routier, les échelles et les escabeaux restant la deuxième cause de chutes graves. Rien dans un jardin ne rend la chute moins grave. Le détail de ces règles, l’outillage de chaque perçage et la fondation du poteau sont dans l’article Installer un Nichoir – Guide Complet pour Accueillir les Oiseaux.
Méfiez-vous du réflexe « plus haut = mieux ». Il n’est vrai que contre le chat seul. Contre la fouine, l’écureuil et les pics, il est faux : au-delà de 5 m, on n’achète aucune sécurité supplémentaire, on rend seulement la maintenance annuelle pénible et risquée. L’optimum se situe ailleurs : 2,5 à 4 m sur poteau muni d’un manchon, ou 3,5 à 5 m sur arbre coiffé d’un cône déflecteur. Sur poteau, toute la fourchette reste à portée d’une échelle calée, et son bas se nettoie depuis un escabeau ; sur arbre, ce qui dépasse 4 m sort de cette portée, et l’on s’arrête à 4 m quand on pose et nettoie soi-même.
Le choix du support compte autant que la hauteur de pose. Un tronc d’arbre s’intègre joliment au paysage et offre aux oiseaux un accès naturel, mais son écorce est une échelle : fouine, écureuil, serpent et même chat (sur chêne, platane ou robinier) y montent sans peine. Pour le défendre, il faut un large (70-90 cm de diamètre) fixé sous le nichoir, ouverture vers le bas, et une fixation par colliers réglables ou sangle souple — jamais de vis enfoncées profondément dans le bois vivant, qu’elles blessent durablement. À 3,5-4 m, pose et desserrage se font depuis l’échelle, aux conditions de la liste ci-dessus ; au-dessus de 4 m, ni pose ni nettoyage depuis une échelle.
Ce que porte cette fixation : un nichoir à mésange au débit du tutoriel LPO, en planches de 1,5 à 2 cm, pèse 1,9 à 2,6 kg de bois en chêne et 1,7 à 2,2 kg en châtaignier — masses calculées à partir des densités des fiches Tropix du CIRAD, 0,74 et 0,64 à 12 % d’humidité, avant la plaque, le tube d’envol et le nid mouillé. Sur arbre : jamais de clou ni de vis dans un arbre vivant — câble de cuivre gainé (LPO), fil de fer gainé ou sangle textile, sur une cale de bois qui protège l’écorce, desserrés chaque année à mesure que le tronc grossit ; deux crochets et anneaux (LPO) pour décrocher le nichoir et le nettoyer au sol. NestWatch demande de toute façon le poteau à manchon plutôt que l’arbre.
Le poteau autonome reste la pose la plus facile à protéger : un tube d’acier galvanisé lisse qui porte le nichoir à 2,5-4 m, la fourchette optimale ci-dessus, avec un (60 cm × Ø 15-20 cm) à 1,2-1,5 m : ni la fouine, ni le chat, ni l’écureuil ne peuvent franchir le manchon en grimpant, ni le sauter depuis le sol (bond du chat ~ 2 m + obstacle 60 cm = 2,6 m). Comptez 15 à 30 € de poteau et 5 à 15 € de manchon. La pose suit l’ordre de la fiche de l’Ohio Bluebird Society : le tube d’abord, nu, puis le collier et le manchon, le nichoir en dernier.
- Avant de dresser un poteau métallique, on repère toute ligne aérienne : la réglementation anti-endommagement fixe la proximité qui déclenche une déclaration de travaux à moins de 3 m d’une ligne électrique à basse tension et à moins de 5 m de toute autre ligne électrique (FAQ du guichet unique), et c’est l’extrémité du tube qu’on dresse qui s’approche de la ligne, pas son pied.
- Avant de creuser ou d’enfoncer le tube, on consulte le téléservice du guichet unique (reseaux-et-canalisations.ineris.fr) pour les réseaux enterrés — la réglementation anti-endommagement s’applique aussi sur une propriété privée.
- L’enfoncement se donne en proportion : au moins un tiers de la hauteur libre en terre — un quart de la longueur du tube —, dans un sol ferme compacté par couches, ou un massif de béton dimensionné par un professionnel en sol meuble ou gorgé d’eau (proportion lue sur la fiche de pose de l’Ohio Bluebird Society : 8 pieds de tube, 2 pieds en terre). 2,5 m libres demandent au moins 0,85 m en terre, soit un tube d’environ 3,35 m ; 4 m libres demandent 1,35 m en terre et un tube d’environ 5,35 m. Le tube est enfoncé à l’enfonce-pieux à main, contrôlé d’aplomb, la terre remise en place compactée par couches.
- Le collier de serrage se pose au tube quelques centimètres sous l’emplacement du nichoir, et le manchon se glisse par le haut pour reposer dessus, libre de tourner.
- Sur poteau métallique : un boulon à tête ronde et collet carré de 1/4 de pouce (6,35 mm, M6 en métrique) en acier inoxydable ou galvanisé, écrou et rondelles, traversant le haut du dos du nichoir et le tube percé à 9/32 de pouce (7 mm) à 2,5 cm du sommet, plus un fil ou un collier en bas du nichoir pour qu’il ne pivote pas. C’est le montage de la fiche de pose de l’Ohio Bluebird Society, pour un nichoir de la classe du tutoriel LPO — 1,9 à 2,6 kg de bois en chêne ; un seul boulon se défait, et le nichoir se nettoie au sol. Le trou du tube se perce au foret à métaux, le tube serré dans un étau, lunettes de protection, avant de le dresser.
- Le nichoir se boulonne à 2,5-4 m depuis l’échelle, aux conditions de la liste des hauteurs ; pour le nettoyage d’automne, un nichoir posé à 2,5 m se vide depuis un escabeau, et jusqu’à 4 m depuis la même échelle calée et tenue — ou au sol, une fois l’unique boulon défait.
Sur la façade d’un bâtiment, enfin — pose adaptée aux espèces commensales, moineaux et hirondelles —, examinez les appuis intermédiaires (fenêtre, gouttière, mobilier) à moins de 2 m du nichoir. Avant de percer une maçonnerie : détecteur de câbles et de canalisations sur la zone, circuit coupé au tableau dans le doute, lunettes de protection, cheville choisie selon le support et vis en acier inoxydable A2 du diamètre que la cheville annonce.
Concrètement, la défense passive tient à une poignée de dispositifs éprouvés, simples et peu coûteux, chacun fermant une voie d’accès précise :
- — Tôle galvanisée roulée, conduit de cheminée standard, Ø 15-20 cm et hauteur 60-80 cm, à 1,2-1,5 m du sol. Impossible à escalader pour les chats, les fouines, les écureuils, les rats et les serpents. Coût 5-15 €.
- — Tôle pliée triangulaire, Ø 70-90 cm, angle 25-30°, pose en sous-face du nichoir ouverture vers le bas. Force le grimpeur à se détacher en arrière. Coût 10-25 €.
- Plaque de renfort de trou d’envol — Tôle galvanisée, aluminium 1 mm, ou bois de cœur durable en extérieur sans traitement (chêne ou châtaignier, 5-8 mm ; pas de hêtre, que le CIRAD classe non durable), vissée en façade, percée au diamètre exact. Empêche le pic d’élargir le trou. Dépasser de 2-3 cm autour du trou. Coût < 5 €. Fixation par vis inox A2 (ISO 3506-1) de 4 mm dans des avant-trous de 3 mm, le couple vis/avant-trou du tutoriel LPO : chêne et châtaignier sont acides et corrodent les vis ordinaires à l’humidité (fiches CIRAD), et le châtaignier, très fissile, se visse loin des bords. Le perçage est détaillé sous la liste.
- Tube d’envol / tunnel anti-fouine — PVC, métal ou bois, Ø intérieur 100-150 mm × L 100-150 mm, en saillie sur le trou. Le tube est plus long que le bras de la fouine : elle ne peut pas atteindre l’intérieur du nichoir avec la patte. Effet quasi-total contre la fouine. Coût 3-8 €. Découpe et fixation sous la liste.
- Suppression du perchoir externe — Les guides de pose (LPO, BTO, NestWatch) recommandent des nichoirs sans perchoir externe, qui n’aiderait que les prédateurs. Les espèces-cibles atterrissent directement sur le bord du trou. Sur un nichoir existant, le perchoir se retire facilement à la scie.
Percer : l’outil de chaque trou, la cale martyre et la vitesse
- Plaque de renfort anti-pic en tôle — acier galvanisé ou aluminium de 1 à 2 mm : le trou, au diamètre du trou d’envol, se perce au , pas au foret hélicoïdal. Un foret hélicoïdal de 28 à 34 mm dans une tôle de 1 mm accroche à la sortie, quand ses deux lèvres débouchent : la tôle part en tournant avec le foret, ou la machine tourne sur elle-même — le blocage que décrit l’OPPBTP. Le foret étagé est fait pour la tôle, que Ruko donne jusqu’à 1,5 mm en acier inoxydable et 4 mm en acier courant, et il perce et ébavure en une seule opération. Tôle serrée entre deux chutes de bois — dessous, cale de serrage dessus —, vitesse basse, lubrifiant de coupe : le CCHST interdit la mèche en acier rapide sur métal sans refroidissement ni lubrification, et Ruko rappelle que la chaleur monte dès que les copeaux ne s’évacuent plus. Puis ébavurage des deux faces à la lime ou à l’ébavureur : une arête coupante au bord du trou d’envol blesse les oiseaux. Une plaque en bois dur de 5 à 8 mm (chêne, châtaignier) se perce comme la façade, à la scie-cloche ou à la Forstner, serrée, sur cale martyre.
- Tube d’envol : PVC ou bois, coupé d’équerre à la scie à métaux ou à la scie à dos, l’arête intérieure ébavurée, fixé en façade par des vis en acier inoxydable A2 dans des avant-trous, ou par un collier.
Tout cela se cale sur un calendrier, car la pression de prédation n’est pas constante : elle culmine d’avril à la fin juillet, pendant l’élevage des oisillons. Le cycle s’enchaîne ainsi : prospection en mars-avril ; ponte en avril-mai (4 à 12 œufs selon l’espèce, 7 à 9 chez la charbonnière) puis couvaison de 14 à 21 jours ; éclosion et élevage de 14 à 21 jours en mai-juin — la phase la plus exposée, où plusieurs centaines d’allers-retours quotidiens signalent le nichoir à tout ce qui rôde ; envol en juin-juillet ; repos en août-septembre ; nettoyage annuel obligatoire en octobre-novembre (démontage si possible, brossage à sec, élimination des matériaux infestés de parasites), aux conditions de la pose : jusqu’à 4 m, l’échelle calée et tenue de la liste des hauteurs, le nichoir démonté descendu à la corde plutôt que sous le bras, ou l’escabeau sur poteau à 2,5 m ; au-delà de 4 m, jamais depuis une échelle ; dormance en décembre-février, parfois ponctuée d’un abri nocturne pour mésanges et troglodytes. Règle d’or : tout dispositif — manchon, cône, plaque, tube — doit être en place avant la fin mars.
Sources
- Loss S. R., Will T. & Marra P. P. (2013), The impact of free-ranging domestic cats on wildlife of the United States, Nature Communications (nouvelle fenêtre) — étude de référence sur l’impact des chats en liberté sur la faune sauvage des États-Unis : estimation nationale des oiseaux et petits mammifères tués chaque année
- MNHN — INPN, Inventaire national du patrimoine naturel (fiches espèces) (nouvelle fenêtre)
- BTO — British Trust for Ornithology, Nest Box Guide (nouvelle fenêtre) — guide pratique du BTO : diamètre du trou d’envol, matériaux, orientation et hauteur de pose
- Cornell Lab of Ornithology — NestWatch (nouvelle fenêtre) — programme de science participative du Cornell Lab : des volontaires y déclarent les nids qu’ils suivent, œufs, éclosions et envols compris
- LPO (nouvelle fenêtre)
- RSPB Position publique sur les chats
- OFB Office français de la biodiversité (nouvelle fenêtre)
- MNHN Faune-France, Vigie-Nature (nouvelle fenêtre)
- CIRAD — Tropix, fiche technique du hêtre (Fagus sylvatica) (nouvelle fenêtre) — classe de durabilité 5, non durable, au sens de la norme NF EN 350 ; la durabilité naturelle du duramen ne couvre que la classe d’emploi 2 de la norme NF EN 335, à l’intérieur ou sous abri
- CIRAD — Tropix, fiche technique du chêne (Quercus petraea, Quercus robur) (nouvelle fenêtre) — classe de durabilité 2, durable, au sens de la norme NF EN 350 ; la durabilité naturelle du duramen couvre la classe d’emploi 3 de la norme NF EN 335, hors contact du sol à l’extérieur
- CIRAD — Tropix, fiche technique du châtaignier (Castanea sativa) (nouvelle fenêtre) — classe de durabilité 2, durable, au sens de la norme NF EN 350 ; même classe d’emploi couverte que le chêne, la classe 3 de la norme NF EN 335, hors contact du sol à l’extérieur
- INRS — Chutes de hauteur : ce qu’il faut retenir (nouvelle fenêtre) — deuxième cause d’accidents mortels liés au travail après le risque routier ; en 2019, 11 % des accidents avec au moins quatre jours d’arrêt ; chutes depuis des échelles et des escabeaux
- INRS — Équipements d’accès en hauteur : échelles, escabeaux et marchepieds (nouvelle fenêtre) — deuxième cause de chutes graves dans le cadre du travail ; articles R. 4323-81 à R. 4323-88 ; port de charges exceptionnel (R. 4323-88) ; NF EN 131-1 à -4
- Code du travail, article R. 4323-63 — Légifrance (nouvelle fenêtre) — interdiction d’utiliser échelles, escabeaux et marchepieds comme poste de travail, et ses deux exceptions ; en vigueur depuis le 1er mai 2008
- Code du travail, article R. 4323-84 — Légifrance (nouvelle fenêtre) — échelles portables sur supports stables, fixées en tête ou en pied, ou tenues par un dispositif antidérapant ; en vigueur depuis le 1er mai 2008
- CIG Grande Couronne — Le travail en hauteur (Service prévention des risques professionnels, octobre 2014) (nouvelle fenêtre) — inclinaison entre 65° et 75°, dépassement d’au moins un mètre du niveau d’accès, plateforme individuelle roulante à privilégier jusqu’à 2,5 m
- CCHST — Échelles : échelles portatives (nouvelle fenêtre) — règle du quart (un pied d’écart pour quatre de hauteur), dépassement d’au moins 1 m, socle solide et de niveau, pas de travail depuis les trois derniers échelons
- CCHST — Échelles : monter et descendre en toute sécurité (nouvelle fenêtre) — trois points de contact, face à l’échelle, corps entre les montants, rien dans les mains en grimpant, seconde personne au pied d’une longue échelle
- Guichet unique des réseaux (INERIS) — FAQ Réglementation anti-endommagement (nouvelle fenêtre) — proximité des lignes aériennes : moins de 3 m d’une ligne à basse tension, moins de 5 m des autres lignes (R. 554-1, 10e tiret ; arrêté du 15 février 2012, article 3) ; la réglementation s’applique aux travaux sur propriété privée
- How do I install a nest box on a pole? — NestWatch (nouvelle fenêtre) — vérifier auprès des exploitants de réseaux avant de creuser ; manchons cône et tube sous le nichoir ; une grande caisse, celle d’une chouette, sur un poteau de plus gros diamètre enfoncé de plusieurs pieds, à confier à une entreprise
- Nest Box Installation — Ohio Bluebird Society (fiche de pose, 2015) (nouvelle fenêtre) — tube d’acier galvanisé de 1 pouce coupé à 8 pieds, enfoncé d’environ 2 pieds à l’enfonce-pieux, sans béton, nichoir à hauteur d’yeux ; boulon de 1/4 de pouce inox ou galvanisé, écrou et rondelles, trou de 9/32 de pouce
- LPO — Comment fabriquer un nichoir pour mésange charbonnière (nouvelle fenêtre) — débit des planches de 1,5 à 2 cm, vis de 4 × 30 mm galvanisées, scie-cloche de 30 mm, mèches de 3 et 5 mm, étau et serre-joints, câble de cuivre gainé, pose à 2 m au moins
- Dictum — Forets Forstner (guide des vitesses de rotation) (nouvelle fenêtre) — 10 mm : 2 000 tr/min bois dur, 2 400 bois tendre ; 20 mm : 1 000 et 1 800 ; 40 mm et plus : au plus 500 et 1 000 ; pré-perçage pour la pointe de centrage ; la chaleur brûle le bois et émousse le tranchant
- Ruko — 5 caractéristiques d’un foret étagé et ses applications (nouvelle fenêtre) — tôle inox jusqu’à 1,5 mm, acier courant jusqu’à 4 mm ; perce et ébavure en une seule étape ; copeaux à évacuer, lubrifiant de coupe
- CCHST — Outils portatifs à moteur : perceuses (nouvelle fenêtre) — assujettir la pièce, ralentir l’avance avant de déboucher, lunettes de sécurité, poignée auxiliaire, pas de mèche en acier rapide sur métal sans refroidissement ni lubrification
- OPPBTP — Le blocage de l’outil et l’effet rebond (kick-back) (nouvelle fenêtre) — la mèche qui se coince fait tourner la machine d’un coup ; ne pas forcer sur la machine ; mèche et vitesse de rotation adaptées à l’opération
- ISO 3506-1:2020 — Fasteners — Mechanical properties of corrosion-resistant stainless steel fasteners — Part 1: Bolts, screws and studs with specified grades and property classes — norme des vis, boulons et goujons en acier inoxydable résistant à la corrosion ; identifiant et titre cités, texte payant non consulté ; nuances austénitiques dont A2 et A4 (désignations lues sur la fiche BSSA ci-dessous)
- British Stainless Steel Association — Stainless Steel Fasteners to BS EN ISO 3506, Grades A1, A2 (A3) & A4 (A5) (SSAS 2.31, 2007) (nouvelle fenêtre) — A1, A2 et A4 sont les désignations des aciers inoxydables austénitiques de l’ISO 3506 ; l’A4 ajoute du molybdène