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La garrigue sous les pas

Par : Équipe rédactionnelle InnovativeTechFusion

Parcours: Paysages vivants

Légende 2 sur 6

Dix heures. Sans ralentir le pas, Madeleine se baisse, casse un rameau, le froisse entre le pouce et l’index. Elle marche d’un pas régulier de soixante-douze ans qui en a fait des kilomètres, et Léo, derrière, allonge la jambe pour suivre. La défile, pareille à elle-même : gris-vert, sèche, des buissons bas, des cailloux clairs, un ciel de mai bleu sans un nuage. Léo connaît ce sentier par cœur. C’est celui de Mamie, celui des samedis. Il s’ennuie déjà.

Madeleine s’arrête net. Elle froisse le rameau encore, puis se retourne et le tend à Léo. Sans un mot. Léo le porte à son nez. L’odeur le frappe : chaude, piquante, médicinale, beaucoup trop forte pour une chose aussi petite. Son visage change — il ne décide rien, c’est le nez qui décide pour lui.

« C’est du  ? » dit Léo. Madeleine ne répond pas tout de suite. Un demi-sourire.

« Tu me le dis. »

Léo froisse de nouveau. Il roule les feuilles entre ses doigts : minuscules, gris-vert dessus, plus pâles dessous, les bords roulés comme de tout petits tubes. Au sommet, des fleurs grosses comme des têtes d’épingle, rose-mauve. « C’est du thym », dit-il, plus bas.

« Où il poussait ? » Léo regarde : une dalle de calcaire nue, pleine de cailloux, en plein soleil. « Là. Sur le rocher. Au soleil. » « Voilà. »

Cinquante mètres plus loin, un buisson plus haut. Madeleine casse une feuille — une aiguille dure, vert foncé, blanche dessous. « Le blanc renvoie le soleil. La plante se protège. Même famille que le thym. Un cousin éloigné. » Du romarin. Léo froisse une aiguille : plus résineuse, plus froide. « Ça pique pas pareil. »

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