Fabriquer son encaustique : pourquoi s’en donner la peine ?
Préparer sa propre au n’a rien d’un caprice de puriste : c’est un geste d’atelier simple, économique, et fidèle à une recette documentée depuis le XVIIIe siècle. Surtout, c’est savoir exactement ce que l’on étale — une cire identifiée, un solvant identifié, sans tensioactif ni siccatif caché. Sur un meuble de famille, un parquet massif ou un instrument de musique, cette traçabilité vaut bien la demi-heure passée au-dessus d’une casserole.
Disons-le d’emblée : cet article présente la formule telle qu’elle est consignée dans les sources de référence — manuels d’ébénisterie traditionnelle, fiches techniques institutionnelles (, réglementation CLP et REACH) — et non un tour de main que nous aurions éprouvé nous-mêmes. Nous compilons des protocoles publiés sans prétendre les avoir mis en œuvre. Toute fabrication relève de la responsabilité de celui qui s’y lance, et passe par les sources institutionnelles (INRS, ANSES) avant la moindre manipulation. Ce point n’est pas une formalité : on travaille ici avec un liquide inflammable.
L’inflammabilité de l’essence de térébenthine
L’essence de térébenthine est le distillat des oléorésines de pin : la fiche toxicologique FT 132 de l’INRS la décrit comme un mélange de terpènes dont l’alpha-pinène et le bêta-pinène sont les principaux constituants. Ces composés volatils confèrent au liquide un bas (environ 35 °C en coupelle fermée, d’après cette même fiche), ce qui le classe parmi les liquides inflammables de catégorie 3 du règlement européen CLP (règlement (CE) n° 1272/2008) – catégorie regroupant les liquides dont le point d’éclair est compris entre 23 °C et 60 °C.
Concrètement, cela signifie qu’à température ambiante d’atelier (souvent supérieure à 20 °C en été), les vapeurs émises par un récipient ouvert peuvent former avec l’air un mélange capable de s’enflammer en présence d’une source d’inflammation (flamme nue, étincelle électrique, point chaud). L’INRS rappelle dans sa section dédiée aux risques d’incendie et d’explosion (https://www.inrs.fr/risques/incendie-explosion.html) que « les incendies et les explosions sont à l’origine de blessures graves, voire de décès, et de dégâts matériels considérables ». Au-delà de l’inflammabilité, il faut lire la classification complète du solvant : neuf mentions de danger harmonisées (numéro CAS 8006-64-2), quatre pictogrammes et le mot DANGER. La sensibilisation cutanée H317 en fait partie, mais la fiche FT 132 décrit d’abord des dermatoses d’irritation, par action dégraissante et desséchante, avant les dermatoses allergiques (eczéma), et ne rapporte chez l’homme que des allergies cutanées et respiratoires rares ; les essences les plus riches en Δ3-carène sont les plus sensibilisantes. La liste des neuf mentions figure dans notre leçon sur la réglementation CLP.
Protections à porter pendant la fabrication
Avant toute manipulation, l’ recommande de porter :
- Gants en nitrile (EN ISO 374-1, avec le temps de passage que le fabricant indique pour la ) : la fiche toxicologique FT 132 retient le nitrile, les élastomères fluorés et les gants multicouches pour un contact prolongé, et écarte le latex, le néoprène, le butyle et le PVC.
- Lunettes de protection (EN 166) contre les projections accidentelles.
- Pour un travail prolongé, un demi-masque (EN 140) ou un masque complet (EN 136) équipé d’une cartouche anti-gaz de type A (norme EN 14387) contre les vapeurs organiques des solvants comme l’essence de térébenthine, en complément de l’aspiration des vapeurs à la source et de la ventilation du local, qu’il ne remplace jamais ; une cartouche combinée A2P3 protège à la fois contre les vapeurs et les aérosols.
- Un masque jetable filtrant de type FFP (norme EN 149) ne protège que contre les poussières et les particules : il n’offre aucune protection contre les vapeurs de solvant comme celles de la térébenthine.
- Vêtements couvrant les bras et chaussures fermées.
Ces équipements constituent la dernière ligne de défense après la prévention collective (ventilation, élimination, substitution), comme le rappelle la page INRS sur les risques chimiques (https://www.inrs.fr/risques/chimiques.html) qui hiérarchise les mesures de protection collective avant les protections individuelles.
Ventilation et conditions de l’atelier
- Travailler de préférence à l’extérieur, sous abri en cas de pluie ; à l’intérieur, aspiration des vapeurs à la source et ventilation du local, dans tous les cas.
- Pendant la fusion, la cire chauffe seule, bidon d’essence de térébenthine fermé et tenu à l’écart du plan de travail : à ce stade, chauffer le sur une plaque électrique ou un brûleur à gaz est admis. Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
- Dès que le bidon de térébenthine est ouvert, plus aucune source d’inflammation à proximité, qu’elle soit à flamme nue (brûleur, briquet, allumette) ou capable de produire une étincelle : interrupteur, outil portatif, contact de thermostat d’une plaque électrique. Ni aucune surface chaude atteignant 180 °C, plaque de cuisson qui vient de servir ou buse de décapeur thermique : c’est le seuil du white-spirit (INRS, base CarAtex), et les vapeurs de térébenthine prennent feu d’elles-mêmes, sans flamme ni étincelle, dès 220 à 255 °C (INRS, FT 132).
- La plaque est éteinte et la casserole retirée du feu avant d’ouvrir le bidon de térébenthine : le solvant ne rejoint la cire fondue que hors de toute source de chaleur.
- Disposer un extincteur (classe B, adapté aux liquides inflammables) à portée de main.
Conservation et premiers secours
- Conserver le mélange refroidi dans un bocal en verre hermétique, à l’abri de la lumière directe et de la chaleur, et impérativement hors de portée des enfants et des animaux domestiques.
- En cas de contact cutané : appeler rapidement le centre antipoison, retirer les vêtements souillés avec des gants adaptés et laver la peau immédiatement et abondamment à grande eau pendant au moins quinze minutes ; si une irritation apparaît ou si la contamination est étendue ou prolongée, consulter sans tarder un médecin (INRS, FT 132).
- En cas de contact oculaire : retirer d’abord les lentilles de contact, puis rincer immédiatement et abondamment à l’eau courante pendant au moins quinze minutes, paupières bien écartées ; si une irritation apparaît, consulter un ophtalmologiste en lui signalant leur port (INRS, FT 132).
- En cas d’ingestion : appeler tout de suite le 15, l’essence de térébenthine du mélange étant un solvant à danger d’aspiration, et faire conduire la personne à l’hôpital en ambulance médicalisée (INRS, FT 132) ; même consciente, ne rien lui donner à boire ni la faire vomir ; inconsciente, la coucher en position latérale de sécurité et entreprendre une réanimation s’il y a lieu ; sinon, la laisser au repos ; au besoin, les mains gantées, lui ôter ses vêtements souillés et lui laver la peau et les yeux immédiatement et abondamment à grande eau, au moins quinze minutes.
- En cas d’inhalation de vapeurs : appeler rapidement le centre antipoison et sortir la personne de la zone polluée en se protégeant ; si elle est inconsciente, la placer en position latérale de sécurité et la réanimer s’il y a lieu ; si elle est consciente, la maintenir au repos ; si nécessaire, retirer ses vêtements souillés avec des gants adaptés et lui laver la peau et les yeux immédiatement et abondamment à grande eau pendant au moins quinze minutes ; en cas de symptômes, consulter sans tarder un médecin (INRS, FT 132).
Pour les usages professionnels, la consultation d’une Fiche de Données de Sécurité (FDS) du fournisseur est obligatoire. La FDS suit une structure normalisée en 16 sections (norme ISO 11014, reprise par l’annexe II du règlement REACH (CE) n° 1907/2006) couvrant identification, dangers, composition, premiers secours, lutte incendie, manipulation, propriétés physico-chimiques, stabilité, toxicologie et écologie.
La cire d’abeille
La cire d’abeille, produite par les abeilles ouvrières du genre Apis mellifera, présente un intervalle de fusion de 62 à 65 °C : c’est la valeur que fixe la spécification E 901 du règlement (UE) n° 231/2012. Sa composition chimique – principalement des esters d’acides gras et des alcools à longue chaîne (monoesters environ 35 %, hydrocarbures environ 14 %, diesters environ 14 %) – lui confère une stabilité chimique remarquable : elle ne rancit pas et ne pas spontanément.
On distingue deux qualités :
- Cire jaune brute : filtrée mais non blanchie, conserve l’arôme naturel des fleurs visitées par les abeilles ; couleur ambrée à dorée ; à privilégier auprès d’apiculteurs locaux pour la traçabilité.
- Cire blanche raffinée : blanchie par filtration sur charbon actif ou par exposition solaire prolongée ; usage cosmétique ou esthétique sur bois clair.
Approvisionnement : apiculteurs en circuit court, droguerie traditionnelle, magasins spécialisés en restauration de mobilier.
L’essence de térébenthine pure
L’essence de est obtenue par distillation, à température inférieure à 180 °C, des oléorésines du pin maritime pour les essences françaises (, FT 132). Elle reste utilisée historiquement comme solvant dans la peinture à l’huile et la finition mobilière.
Rappel de sécurité
Matériel de fabrication
- inox (récipient supérieur + casserole d’eau bouillante en dessous) – éviter tout contact direct avec la flamme ou la résistance.
- Thermomètre culinaire (gradué jusqu’à 100 °C minimum) pour surveiller la température de la cire.
- Cuillère ou spatule en bois pour le mélange.
- Bocaux en verre hermétiques de 200 à 500 ml pour la conservation ; étiquetage obligatoire avec date, ratio, mention « inflammable – tenir hors de portée des enfants ».
- Balance de cuisine précise au gramme pour respecter le ratio.
Formule traditionnelle simple
La recette de base tient en une phrase et n’a pas bougé depuis des générations. Telle que la consignent les manuels d’ébénisterie traditionnelle, elle prévoit « une partie de cire d’abeille pour trois parties d’essence de térébenthine » (ratio 1 : 3 en poids). On obtient une souple, qui s’étale sans effort au chiffon.
Variante plus dure pour planchers ou meubles exposés : ratio 1 : 2 (une part de cire pour deux parts de solvant), produisant une pâte plus consistante au refroidissement et plus résistante au passage.
Protocole opératoire (bain-marie)
- Préparation : enfiler les gants, les lunettes et des vêtements couvrants ; mettre en marche l’aspiration des vapeurs à la source et vérifier la ventilation du local ; éloigner toute source d’inflammation ; disposer un extincteur à proximité.
- Pesée : peser séparément la cire d’abeille et l’essence de térébenthine selon le ratio choisi.
- Fusion de la cire : placer la cire seule dans le récipient supérieur du bain-marie. Chauffer doucement jusqu’à fusion complète — l’intervalle de fusion de la cire d’abeille est de 62 à 65 °C. Ne jamais dépasser 70 °C : la cire surchauffée se dégrade et peut s’enflammer si elle entre en contact avec une flamme.
- Retrait du feu : une fois la cire entièrement fondue, éloigner le récipient de toute source de chaleur et le placer sur une surface stable, à distance d’au moins un mètre du foyer.
- Ajout de la térébenthine : verser lentement l’essence de térébenthine sur la cire fondue, en remuant doucement. L’opération doit impérativement être effectuée hors de toute source de chaleur ou d’ignition, en raison des vapeurs inflammables émises. Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
- Homogénéisation : mélanger jusqu’à dissolution complète et homogénéité visuelle.
- Conditionnement : verser la pâte chaude dans les bocaux en verre. Laisser refroidir à l’air libre, couvercle ouvert, jusqu’à température ambiante, puis fermer hermétiquement.
- Étiquetage : date, ratio, composition, mention « Inflammable – Tenir hors de portée des enfants ».
Variante avec ajout de cire de carnauba
Pour une finition plus dure et plus brillante, certains ateliers ajoutent de la cire de carnauba (issue du palmier Copernicia prunifera du nord-est brésilien). Son point de fusion élevé, 82 à 86 °C, est l’un des plus hauts parmi les cires d’origine naturelle, ce qui explique qu’elle soit fréquemment associée à la cire d’abeille pour durcir les .
Proportion documentée : 10 à 15 % du poids total de cire (par exemple, 85 g de cire d’abeille + 15 g de cire de carnauba pour un total de 100 g de cire). La carnauba étant plus dure à fondre, l’ajouter au début du avec la cire d’abeille.
Variante avec ajout d’huile de lin
L’ajout de 5 à 10 % d’huile de lin en remplacement partiel de la apporte de la souplesse et nourrit davantage le bois. L’huile de lin lentement à l’air (siccativation par oxydation des acides gras polyinsaturés), ce qui prolonge le temps de séchage final mais améliore la pénétration et la patine. Cette variante est traditionnellement utilisée sur les bois secs ou anciens. L’huile de lin change aussi le sort des chiffons : imbibés d’une encaustique qui en contient, ils s’auto-échauffent en polymérisant. Plongez-les, la séance finie, dans de l’eau et refermez le contenant — le métal vaut mieux que le plastique, qui fondrait — puis laissez-les-y jusqu’à la déchèterie, filière des déchets dangereux des ménages (DDM). Sans point d’eau, et seulement dans ce cas, faites-les sécher à plat en plein air sur un support incombustible, 24 à 72 h, avant le même dépôt. Une voie exclut l’autre : sorti du bain pour finir en tas, le chiffon retrouve tout son risque. Le détail de l’emballement thermique et le classement des trois règles figurent dans la leçon sur l’auto-échauffement des chiffons.
Application sur le bois
- Préparation du support : bois propre, sec, dépoussiéré ; égrener au papier 220-320 si le bois a déjà été ciré. Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
- Application : prélever une petite quantité d’encaustique avec un chiffon doux non pelucheux (coton, lin) et étaler en couche fine dans le sens des fibres.
- Repos : laisser sécher 30 minutes à 1 heure pour permettre l’évaporation du solvant.
- Lustrage : lustrer à la brosse en soie naturelle ou au chiffon, jusqu’à obtenir le satiné souhaité.
- Repos final : attendre 24 h avant un usage intensif (déposer des objets lourds, frotter).
Conservation du mélange
- Bocal en verre hermétique, à l’abri de la lumière et de la chaleur (placard fermé, T < 20 °C idéalement).
- Durée de conservation typique : 12 à 24 mois avant durcissement excessif ; une pâte durcie se reprend à froid, hors de toute source de chaleur : ajouter un peu d’essence de dans le bocal ouvert et travailler à la spatule jusqu’à ce que la pâte redevienne souple (avec toutes les précautions données plus haut). Équipements de protection : voir la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes » de cette leçon.
- Étiquette toujours visible : date de fabrication, mention « Inflammable », mention « Hors de portée des enfants ».
Limites et alternatives modernes — Cette recette est un protocole historique, et il faut la prendre comme telle : parfaite pour restaurer un meuble patrimonial, cirer un parquet ancien ou entretenir un bois en bonne santé, mais datée sur plusieurs points face aux industrielles d’aujourd’hui. Quatre limites méritent d’être posées noir sur blanc avant de se lancer :
- Toxicité résiduelle : la térébenthine reste un solvant volatil dont les vapeurs sont inhalées ; les encaustiques modernes à base d’eau (sans solvant volatil) sont préférables pour usage intérieur intensif ou en présence d’enfants/animaux/personnes sensibles.
- Inflammabilité : l’encaustique terminée conserve un bas tant que le solvant ne s’est pas entièrement évaporé ; éviter le stockage près de sources de chaleur.
- Durabilité : les formules industrielles à base de résines synthétiques (acrylique, polyuréthane) offrent une protection mécanique supérieure pour des sols ou plans de travail très sollicités.
- Conformité réglementaire pro : pour un usage professionnel ou commercial, la mise sur le marché d’un produit chimique implique le respect du règlement REACH (FDS, classification CLP, étiquetage).
Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes
- Vapeurs d’un solvant bouillant au-dessus de 65 °C : demi-masque EN 140 à filtre de type A (EN 14387), aspiration des vapeurs à la source et ventilation du local (ED 6106) ; , 150 à 180 °C (FT 132), white-spirit, 130 à 230 °C (CarAtex), filtre A (FT 324), d-limonène, 178 °C (FT 227) ; notre règle : classe 2, et dehors.
- Un masque jetable FFP (EN 149), FFP2 comme FFP3, n’offre aucune protection contre les vapeurs de solvant.
- Poussière de bois, cancérogène du groupe 1 du CIRC (1995 ; 100C, 2012), VLEP contraignante 1 mg/m³ (R. 4412-149) : FFP3 (EN 149, au moins 99 %) ou P3 (EN 143, 99,95 %) ; notre règle : FFP2 et P2 ne suffisent pas.
- Dépoussiérage après ponçage : aspirateur de classe M (EN 60335-2-69), filtre H13 ou H14 (EN 1822), au MPPS ; jamais de soufflette, ni balayage à sec, ni aspirateur ménager, notre règle.
- Gants pour la térébenthine : nitrile, fluoré ou multicouche, jamais caoutchouc naturel, butyle, néoprène ni PVC (FT 132).
- Gants pour le white-spirit : nitrile ou fluoré, PVC ou néoprène en contact intermittent ou en éclaboussure, jamais caoutchouc naturel ni butyle (FT 324).
- Ni flamme, ni surface ou jet d’air à 180 °C près d’un solvant : le white-spirit s’enflamme seul dès 180 °C (CarAtex), la térébenthine dès 220 à 255 °C (FT 132).
- Térébenthine ou white-spirit avalé (H304) : on appelle aussitôt le 15, fait transférer la personne à l’hôpital en ambulance médicalisée, et même si la personne est consciente, ne fait jamais boire ni vomir.
- Si la personne qui a ingéré ce solvant est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on la garde au repos.
- Au besoin, après ce solvant ingéré : on retire ses vêtements souillés, les mains gantées, et lave sa peau et ses yeux aussitôt et abondamment à grande eau au moins 15 minutes.
- Un solvant dans l’œil : on ôte d’abord les lentilles de contact, rince immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à l’eau courante, paupières bien écartées, et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation en lui signalant leur port.
- White-spirit dans l’œil : on retire les vêtements souillés, les mains gantées, ôte d’abord les lentilles de contact, lave l’œil immédiatement et abondamment au moins 15 minutes à grande eau et consulte un ophtalmologiste en cas d’irritation ou si la contamination est étendue ou prolongée.
- Térébenthine sur la peau : on appelle rapidement le centre antipoison, retire les vêtements souillés, les mains gantées, lave immédiatement et abondamment la peau à grande eau au moins 15 minutes et consulte sans tarder en cas d’irritation ou de contact étendu ou prolongé.
- Un solvant sur la peau : on retire les vêtements souillés, les mains gantées, lave immédiatement et abondamment la peau à grande eau au moins 15 minutes et consulte un médecin en cas d’irritation ou de contact étendu ou prolongé.
- Vapeurs de térébenthine ou de white-spirit respirées : on appelle rapidement le centre antipoison et met la personne hors de la zone polluée en se protégeant.
- Si la personne qui a respiré ces vapeurs est inconsciente : on la met en position latérale de sécurité et la réanime s’il y a lieu ; consciente, on la garde au repos.
- Au besoin, après ces vapeurs : on retire ses vêtements souillés, les mains gantées, et lave sa peau et ses yeux aussitôt et abondamment à grande eau au moins 15 minutes ; en cas de symptômes, on consulte rapidement un médecin.
Sources et lectures complémentaires — Pour approfondir la recette et la sécurité d’usage, nous recommandons les sources suivantes, vérifiées au moment de la rédaction, et le 22 septembre 2026 pour celles qu’ajoute la section « Équipements de protection individuelle (EPI), captage et premiers gestes », sauf la fiche CarAtex, relue le 12 octobre 2026, et les fiches toxicologiques n° 132, 227 et 324 de l’, relues le 29 septembre 2026 pour les premiers gestes :
Sources
- Institut national de recherche et de sécurité INRS (nouvelle fenêtre) — organisme français de référence pour la prévention des risques professionnels.
- INRS — Risques chimiques (nouvelle fenêtre) — hiérarchie des mesures de prévention (collective avant individuelle).
- INRS — Risques d’incendie et d’explosion (nouvelle fenêtre) — prévention des sinistres liés aux liquides inflammables.
- Association des centres antipoison et de toxicovigilance — Les centres antipoison (nouvelle fenêtre) — les huit centres antipoison hospitaliers français, leurs numéros d’urgence et la réponse téléphonique 24 h/24 et 7 j/7.
- INRS — Fiche toxicologique : essence de térébenthine (nouvelle fenêtre) — composition (alpha-pinène, bêta-pinène), distillation et point d’éclair du solvant ; inflammation sans flamme ni étincelle à partir de 220 à 255 °C ; gants retenus pour un contact prolongé (nitrile, élastomères fluorés, multicouches) et écartés (latex, néoprène, butyle, PVC).
- Règlement CLP (CE) n° 1272/2008 — classification et étiquetage : catégories de point d’éclair des liquides inflammables.
- Règlement REACH (CE) n° 1907/2006, annexe II — structure normalisée en 16 sections des fiches de données de sécurité (FDS).
- INRS — Équipements de protection individuelle (EPI) (nouvelle fenêtre) — catégories d’EPI et hiérarchie prévention collective avant individuelle.
- Pharmacopée européenne — monographie Cera flava (cire d’abeille) — grades Cera flava et Cera alba de la cire d’abeille ; l’intervalle de fusion de 62 à 65 °C cité plus haut vient de l’entrée E 901 du règlement (UE) n° 231/2012, non de cette monographie.
- Manuels d’ébénisterie et de restauration de mobilier traditionnels — ratio traditionnel 1 : 3 cire/térébenthine, variantes carnauba et huile de lin.
- ECHA — fiche substance « Turpentine, oil », EC 232-350-7, CAS 8006-64-2 (nouvelle fenêtre) — le dossier de l’essence de térébenthine employée dans cette recette : classification harmonisée de l’entrée 650-002-00-6 de l’Annexe VI, mentions de danger et conseils de prudence.
- INRS — ED 6106, Les appareils de protection respiratoire : choix et utilisation (nouvelle fenêtre) — classes des demi-masques filtrants (EN 149) et des filtres (EN 143) : FFP1 et P1 au moins 80 % des aérosols d’essai, FFP2 et P2 au moins 94 %, FFP3 au moins 99 %, P3 au moins 99,95 %, le filtre se montant sur un demi-masque EN 140 ; notre règle contre la poussière de bois : FFP3 ou P3, FFP2 et P2 ne suffisent pas, FFP1 et P1 encore moins ; tableau 3 des filtres anti-gaz EN 14387 (type A au-dessus de 65 °C d’ébullition, AX en dessous et à usage unique, K pour l’ammoniac et les dérivés aminés) ; § 1.3.4, filtres combinés à double marquage ; annexe 3, facteurs de protection assignés conseillés par l’INRS : 10 pour un demi-masque à filtre P3, 30 pour un masque complet à filtre P3, 40 pour une cagoule ou un casque TH3 P
- INRS — Poussières de bois, ce qu’il faut retenir (nouvelle fenêtre) — cancérogène du groupe 1 du CIRC quel que soit le bois ; VLEP réglementaire contraignante de 1 mg/m³ sur 8 h (R. 4412-149) ; captage à la source en première mesure
- IARC — Monographs Volume 62, Wood Dust and Formaldehyde (1995) (nouvelle fenêtre) — la monographie qui classe la poussière de bois dans le groupe 1
- IARC — Monographs Volume 100C, Arsenic, Metals, Fibres, and Dusts (2012) (nouvelle fenêtre) — réévaluation des agents du groupe 1 : poussière de bois et silice cristalline (quartz, cristobalite) confirmées
- Légifrance — Code du travail, article R. 4412-149 (valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes) (nouvelle fenêtre) — bois (poussières de) : 1 mg/m³ sur 8 h ; silice cristalline, fraction alvéolaire, quartz : 0,1 mg/m³ ; version en vigueur au 10 avril 2026
- Hilti France — Aspirateurs de chantier classe L, classe M et classe H : quelle est la différence ? (nouvelle fenêtre) — classes de la norme EN 60335-2-69 : L pour les poussières de VLEP supérieure à 1 mg/m³, M (rétention 99,9 %) pour celles de VLEP supérieure ou égale à 0,1 mg/m³, sciure et poussière de bois comprises, H (99,995 %) pour les poussières cancérogènes ou pathogènes
- Prévention BTP — Atelier bois : réduire l’exposition aux poussières avec un aspirateur industriel (nouvelle fenêtre) — un filtre de classe M est adapté à l’aspiration des particules de bois : efficacité de filtration supérieure à 99,9 %, perméabilité maximale inférieure à 0,1 %
- MANN+HUMMEL — Filter classification, DIN EN 1822 (nouvelle fenêtre) — grades du média filtrant : H13 ≥ 99,95 %, H14 ≥ 99,995 % en valeur intégrale, mesurés à la taille de particule la plus pénétrante (MPPS), minimum d’efficacité du média ; nous en retenons que le grade du filtre est une autre référence que la classe de la machine et que la mesure ne se fait pas à 0,3 µm
- INRS — Base CarAtex, fiche « White-spirit », CAS 8052-41-3 (nouvelle fenêtre) — mise à jour avril 2018 ; inflammation sans flamme ni étincelle à partir de 180 °C, intervalle d’ébullition de 130 à 230 °C, point d’éclair 30-65 °C en coupelle fermée ; c’est la plus basse de ces températures parmi les solvants que le site relève pour cette liste, et notre règle en fait le seuil : une surface d’atelier — carter, résistance, conduit — l’atteint
- INRS — Fiche toxicologique n° 324, solvants aliphatiques en C9-C20 contenant des hydrocarbures aromatiques (nouvelle fenêtre) — white-spirit : filtre de type A, « combiné à un filtre P2 en cas d’activité générant des aérosols » dans les mots de la fiche ; notre lecture : ce P2 est la classe que la fiche donne à l’aérosol de solvant, et elle ne suffit pas hors de ce cas ; gants nitrile ou fluorés pour un contact prolongé, PVC ou néoprène pour un contact intermittent ou une éclaboussure, caoutchouc naturel et butyle à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS
- INRS — Fiche toxicologique n° 227, dipentène et isomères (d-limonène) (nouvelle fenêtre) — filtre de type A ; aspiration des vapeurs à leur source d’émission et ventilation des lieux de travail ; pour un contact prolongé, matériaux multicouches, élastomères fluorés ou PVC ; le caoutchouc nitrile est à éviter ; la fiche renvoie la protection oculaire à la rubrique 8 de la FDS ; point d’ébullition 178 °C, au-dessus du seuil du type A (EN 14387)
- AST25 — Risque chimique : choisir des gants adaptés (EN ISO 374-1:2016) (nouvelle fenêtre) — type A, perméation supérieure à 30 minutes pour au moins six substances ; type B, trois ; type C, supérieure à 10 minutes pour une ; lettres A méthanol, B acétone, D dichlorométhane, F toluène, J n-heptane, K soude caustique 40 %, O ammoniaque 25 %
